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Rhône-Alpes et la stratégie dinternationalisation des entreprises étrangères
Avec la mondialisation de léconomie, les opérations internationales dacquisition-fusion dentreprises ont été en constante et forte progression depuis 1991. Le récent G8 du Management, organisé par lEM Lyon, a permis danalyser ces pratiques dinternationalisation par croissance externe.
A cette occasion, la CRCI Rhône-Alpes a cherché à cerner les effets, sur le tissu économique rhônalpin, du développement des fusions-acquisitions internationales. Rhône-Alpes, région économique de dimension européenne (10 ème rang de lUnion européenne en termes de PIB), fortement exportatrice, connaît en effet une progression constante de la présence des entreprises à capitaux étrangers au sein de son tissu.
Evolution de la présence
d'entreprises étrangères
en France et en Rhône-Alpes

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% des effectifs de l'industrie en RA |
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% des effectifs de l'industrie en France |
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% des établissements de l'industrie en RA |
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% des établissements de l'industrie en France |
(Source : SESSI, EAE)
Le pays dorigine de ces entreprises est très souvent européen même si les Etats-Unis sont bien représentés. Autre fait notable, les implantations se font très fréquemment par acquisition dentreprises régionales (dans une proportion de 8/10 pour les implantations de plus de 50 salariés des activités mentionnées ci-dessous).
Répartition par pays d'origine
des établissements rhônalpins
de plus de 50 salariés
d'entreprises à capitaux étrangers

(Source : "Les établissements rhônalpins de plus de 50 salariés d'entreprises à capitaux étrangers", CRCI Rhône-Alpes, 12/1997)
En prolongement de son état des lieux de la capacité décisionnelle économique, la CRCI a voulu contribuer à lanalyse des pratiques dimplantation en Rhône-Alpes des groupes étrangers, sous langle de la nature de leurs implantations. Lapproche a consisté à déterminer si le rachat dune entreprise régionale, et son intégration à une firme transnationale, conduisait à vider cette entreprise de son potentiel de décision économique, en en faisant une simple organisation de production ou de commercialisation, ou bien si au contraire, cette entreprise autonome, devenue filiale, conservait une autonomie de décision, voire devenait un centre de décision transnational.
Pour ce faire, on a comparé la richesse en emplois de décision dune part, des entreprises et groupes rhônalpins (le centre de décision supérieur de ces entreprises est en Rhône-Alpes) et dautre part, des filiales de groupes étrangers. Par emplois de décision, on entend les fonctions de responsable dentreprise et les cadres supérieurs (cadres détat-major, chefs de produit, cadres de lorganisation et du contrôle...). Cette analyse a été conduite pour les établissements de plus de 20 salariés de trois activités industrielles qui ont pour point commun de constituer des spécialités rhônalpines.

(Source : SESSI, EAE 1995)
Part moyenne des emplois de décision
en Rhône-Alpes (en %)

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dans les entreprises et groupes rhônalpins
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dans les filiales de groupes étrangers
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(Source : INSEE, ESE 1995)
Premier constat que lon peut faire : les implantations étrangères de ces activités napparaissent pas dépourvues demplois de décision. Les filiales étrangères, ou du moins une part significative dentre elles, bien que constituant un élément dune organisation transnationale, sont ainsi globalement dotées de capacités locales de management, dans des proportions proches de celles des entreprises régionales. Ce constat doit dautant plus être souligné que les pays dorigine des capitaux sont très majoritairement européens. Les résultats de lenquête présentée par lEM Lyon, lors du G8 du Management, ont montré que les capacités locales de management étaient dabord nécessaires dans le cas des premières implantations dans un pays, ce qui est de moins en moins le cas au sein de lEurope. La qualité de lenvironnement rhônalpin, en termes de débouchés, de densité du tissu industriel, de savoir-faire et de compétences, semble ainsi constituer un facteur favorable à la localisation de centres de décision.
Cependant, au-delà de ce constat général plutôt positif, il faut noter lhétérogénéité qui apparaît entre les activités. Le niveau de management des filiales étrangères dans les équipements mécaniques est ainsi nettement inférieur à celui des entreprises rhônalpines. Pour cette activité, les implantations étrangères consisteraient dabord en des organisations de production. Cet écart existe aussi pour lindustrie pharmaceutique mais dans ce cas, il faut noter que les entreprises régionales apparaissent particulièrement bien dotées en emplois de décision du fait de la présence en Rhône-Alpes des centres de décision de grands groupes. Dans la transformation des matières plastiques, on constate par contre que le potentiel des emplois de décision est de même niveau ; une situation qui peut sans doute être rapprochée de lévolution des entreprises de ce secteur de la sous-traitance vers le rôle déquipementier.
Il apparaît ainsi que lancrage des filiales étrangères, en termes dinteraction entre les décideurs de lentreprise et lenvironnement régional, peut varier de façon importante selon le secteur dactivité. Cette situation, dans le cas dactivités fortement investies par les groupes étrangers, doit être prise en compte par les politiques de soutien aux filières industrielles.
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