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La sous-traitance
industrielle rhônalpine : l'atout de l'excellence
Avec
près d'un cinquième du potentiel national, Rhône-Alpes est la première
région française pour la sous-traitance industrielle ; une place de
choix qui s'explique par le savoir faire industriel régional et la présence
d'un riche tissu de donneurs d'ordres. Cette masse critique est synonyme
de développement de spécialités, de dynamique d'excellence et d'un rayonnement
croissant de la sous-traitance rhônalpine.
Première région
française pour la densité et la diversité du tissu.
Rhône-Alpes représente
notamment 71 % du chiffre d'affaires national dans le décolletage, 72
% dans la métallurgie des poudres et 75 % dans le matériel de distribution
électrique haute tension (données EAE
1998).
Rhône-Alpes concentre également une part significative du potentiel
national dans la mécanique générale, avec notamment un savoir faire
reconnu en micro-mécanique, dans la transformation des matières plastiques
et le moulage, dans le traitement et le revêtement des métaux.
Les chiffres
clés de la sous-traitance industrielle rhônalpine :
> 6
648 établissements ont une activité réputée relever de la sous-traitance,
soit 29 % du nombre total des établissements industriels
(hors entreprises inscrites uniquement au Répertoire des métiers)
> 168
000 salariés soit 36 % des salariés de l'ensemble de l'industrie.
> un
chiffre d'affaires de 142 milliards de francs (21,7 milliards €),
soit 30 % du chiffre d'affaires de l'industrie dont près
d'un quart à l'export (31 % pour les établissements de plus de 100
salariés).
> une
valeur ajoutée de 51 milliards de francs (7,9 milliards €), 32
% de la valeur ajoutée de l'industrie.
Source : CCI de Lyon, " La sous-traitance industrielle
en Rhône-Alpes ", 9/2000. |
La sous-traitance
rhônalpine est principalement constituée de petits établissements (25
salariés en moyenne) dont la majeure partie de la production dépend
de donneurs d'ordre. Pour les 2/3 des entreprises, plus de 75 % du chiffre
d'affaires sont réalisés dans le cadre d'une sous-traitance (enquête
CCI RA 1997).
Les différents
métiers de la sous-traitance rhônalpine.
| a |
Total
|
Effectif
moyen des établissements
|
|
Nb établissements*
|
Effectif
salarié total
|
| Décolletage
|
581
|
13 640
|
23,5
|
| Mécanique |
1 972
|
32 243
|
16,4
|
| Tolerie-chaudronnerie |
1 318
|
21 575
|
16,4
|
| Travail sur
presse |
222
|
7 307
|
32,9
|
| Fonderie |
79
|
3 631
|
46,0
|
| Electricité |
385
|
26 105
|
67,8
|
| Electronique |
648
|
17 103
|
26,4
|
| Traitement
thermique et de surface |
359
|
5 848
|
16,3
|
| Plastiques,
caoutchouc |
799
|
22 998
|
28,8
|
| Pièces automobiles |
285
|
17 787
|
62,4
|
| TOTAL |
6 648
|
168 237
|
25,3
|
* entreprises inscrites uniquement
au registre du commerce et des sociétés
Près de 50 % des
établissements sont concentrés dans les métiers de la mécanique et de
la tôlerie/chaudronnerie. Les effectifs se répartissent plus uniformément
entre les différents métiers, même si la mécanique concentre le plus
grand nombre de salariés de la sous-traitance.

Une progression des effectifs
et des établissements plus forte que dans l'ensemble de l'industrie
Entre 1995 et
1998, le nombre d'établissements et les effectifs de la sous-traitance
ont assez peu progressé (moins de 1,5 % de hausse), mais dans le même
temps, on a assisté à une quasi stagnation dans l'ensemble de l'industrie.
Les évolutions sont assez contrastées suivant les métiers. Le décolletage
et les pièces automobiles voient le nombre d'établissements se réduire,
alors que les effectifs augmentent fortement de plus de 10 % ; l'inverse
se présentant pour la tôlerie, chaudronnerie. L'électricité et l'électronique
ont suivi une progression remarquée que ce soit en nombre d'établissements
ou en terme d'effectifs. La mécanique étant, elle, en régression.
| a |
Evolution
du nombre d'établissements 98/95 |
Evolution
des effectifs 98/95 |
| Décolletage |
-1,5 %
|
10,4 %
|
| Mécanique |
-2,0
%
|
-5,3 %
|
| Tôlerie,
chaudronnerie |
3,3 %
|
-7,7 %
|
| Travail sur
presse |
4,2 %
|
5,7 %
|
| Fonderie |
-1,3 %
|
-12,7
%
|
| Electricité |
5,8 %
|
3,7 %
|
| Electronique |
3,8 %
|
7,7 %
|
| Traitement
thermique et de surface |
8,1 %
|
8,2 %
|
| Plastiques,
caoutchouc, composites |
3,5 %
|
-0,3 %
|
| Pièces automobiles |
-2,1 %
|
13,5 %
|
| Total |
1,4
%
|
1,3
%
|
Source : fichier des CCI, CCI Lyon
9/2000
Une logique
de systèmes productifs localisés.
La sous-traitance
industrielle est bien répartie sur l'ensemble du territoire régional,
avec une présence plus importante en Haute Savoie et dans l'Ain, mais
aussi en Isère, dans la Loire et le Rhône. Les concentrations d'entreprises
de la sous-traitance sont particulièrement importantes dans certains
bassins, autour d'une spécialité bien identifiée : c'est le cas de la
Plastic Valley d'Oyonnax dans l'Ain, en matière de transformation des
matières plastiques, ou de la Technic Vallée dans la vallée de l'Arve
(Haute Savoie) en matière de décolletage.
Ces zones constituent
des systèmes productifs localisés, avec de fortes relations de sous-traitance
mutuelle entre les entreprises. Elles peuvent aussi constituer un cadre
privilégié pour l'articulation de spécialités complémentaires, comme
c'est le cas à Saint Etienne en matière de production de biens d'équipement
et de systèmes de production, avec des savoir-faire en matière de mécanique
traditionnelle, d'informatique industrielle, d'électricité.... Les donneurs
d'ordres peuvent ainsi appuyer leur activité sur de véritables réseaux
locaux de compétences. Cette complémentarité permet aux entreprises
sous-traitantes de se positionner sur de nouveaux marchés.
Les départements
dont l'industrie est fortement orientée vers la sous-traitances sont
l'Ain et la Haute-Savoie (ce sont d'ailleurs ceux qui ont une particularité
métier très marquée), mais aussi le département du Rhône.

Plus de 40 % des
établissements du métier des plastiques, caoutchouc sont localisés dans
l'Ain ; mais l'exemple le plus frappant concerne les établissements
de décolletage qui sont situés en Haute-Savoie dans leur quasi totalité.
Particularités
départementales des métiers de la sous-traitance
(Indice de spécificité correspondant au ratio part du
métier dans le département / part du métier en Rhône-Alpes)
| a |
Indice
entre 1,45 et 1,63
|
Indice
entre 1,74 et 2,17
|
Indice
plus de 2,82
|
| Ain |
a |
a |
Plastiques,
caoutchouc, composites |
| Ardèche |
a |
Electronique
Pièces automobiles Fonderie |
a |
| Drôme |
a |
Pièces automobiles |
a |
| Isère |
Tôlerie, chaudronnerie
Electronique |
a |
a |
| Loire |
Mécanique Pièces
automobiles |
Travail sur
presse |
a |
| Rhône |
a |
a |
a |
| Savoie |
Tôlerie, chaudronnerie |
a |
a |
| Haute-Savoie
|
a |
a |
Décolletage
: 5,07 |
Une adaptation
réussie aux exigences des donneurs d'ordres.
Les entreprises
de la sous-traitance ont fait face ces dernières années, outre les aléas
conjoncturels, à des évolutions importantes dans leur relation avec
les donneurs d'ordres. Les exigences de ces derniers sont croissantes
en matière de qualité et d'offre de sous-ensembles complets. Par ailleurs,
les donneurs d'ordres demandent de plus en plus souvent à leurs sous-traitants
de les accompagner dans l'internationalisation de leur activité.
Ces exigences
nécessitent l'acquisition d'une taille critique, et donc l'accroissement
du capital, pour disposer des capacités d'innovation en matière de produits
et de procédés de production. Certaines entreprises régionales ont ainsi
évolué du rôle de sous-traitant à celui d'équipementier (MGI Coutier,
Neyr Plastiques Holding dans la plasturgie, Saint Jean Industrie dans
la fonderie à Belleville-sur-Saône…). D'autres diversifient leur activité
avec la production de produits qui leur sont propres. Le potentiel rhônalpin
en matière de recherche et de centres techniques favorise fortement
ces mutations.
La sous-traitance
rhônalpine s'est aussi orientée vers la sous-traitance de spécialité,
en tirant parti de l'excellence de ses savoir-faire. Elle présente aujourd'hui
une offre très large de savoir-faire très pointus tels que la mécanique
de haute précision en Haute Savoie ou la chaudronnerie pour les applications
de laboratoire dans l'agglomération de Grenoble…
Ce positionnement
sur l'excellence limite la dépendance à l'égard des donneurs d'ordres.
Par ailleurs,
il se traduit par une part importante du chiffre d'affaires réalisé
à l'export. Si les clients des entreprises de la sous-traitance demeurent
encore principalement régionaux, la sous-traitance est en effet présente
à l'exportation et les entreprises rhônalpines sont en la matière plus
performantes qu'en moyenne en France.
L'apport des
CCI aux entreprises de la sous-traitance.
Les CCI de Rhône-Alpes
accompagnent les entreprises de la sous-traitance dans ces mutations
en les conseillant dans leur processus d'innovation et de conception
de produits propres et en les aidant à développer leur clientèle à l'export.
A partir de 1996, dans le cadre d'une opération conjointe avec la DRIRE
et le Conseil régional, elles sont par exemple intervenues auprès des
PMI sous-traitantes de l'industrie de la défense pour les accompagner
dans le nécessaire redéploiement de leur activité. Les CCI sont également
fortement impliquées dans le programme régional pour une mécanique d'excellence.
Les CCI aident
aussi les entreprises à s'allier entre elles pour répondre à l'exigence
d'acquisition d'une taille critique. En la matière, le Salon Alliance,
qui après dix éditions apparaît comme une grande réussite (plus de 1000
exposants et 20 000 visiteurs en 2000), offre de multiples opportunités
de partenariats. Alliance et le salon RIST (Valence) sont aussi le cadre
privilégié de promotion des savoir faire de la sous-traitance rhônalpine.
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