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Le 14 février 2001

 

 

 

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Analyses et débats

La sous-traitance industrielle rhônalpine : l'atout de l'excellence


Avec près d'un cinquième du potentiel national, Rhône-Alpes est la première région française pour la sous-traitance industrielle ; une place de choix qui s'explique par le savoir faire industriel régional et la présence d'un riche tissu de donneurs d'ordres. Cette masse critique est synonyme de développement de spécialités, de dynamique d'excellence et d'un rayonnement croissant de la sous-traitance rhônalpine.

Première région française pour la densité et la diversité du tissu.

Rhône-Alpes représente notamment 71 % du chiffre d'affaires national dans le décolletage, 72 % dans la métallurgie des poudres et 75 % dans le matériel de distribution électrique haute tension (données EAE 1998). Rhône-Alpes concentre également une part significative du potentiel national dans la mécanique générale, avec notamment un savoir faire reconnu en micro-mécanique, dans la transformation des matières plastiques et le moulage, dans le traitement et le revêtement des métaux.

Les chiffres clés de la sous-traitance industrielle rhônalpine :
> 6 648 établissements ont une activité réputée relever de la sous-traitance, soit 29 % du nombre total des établissements industriels (hors entreprises inscrites uniquement au Répertoire des métiers)
> 168 000 salariés soit 36 % des salariés de l'ensemble de l'industrie.
> un chiffre d'affaires de 142 milliards de francs (21,7 milliards €), soit 30 % du chiffre d'affaires de l'industrie dont près d'un quart à l'export (31 % pour les établissements de plus de 100 salariés).
> une valeur ajoutée de 51 milliards de francs (7,9 milliards €), 32 % de la valeur ajoutée de l'industrie.
Source : CCI de Lyon, " La sous-traitance industrielle en Rhône-Alpes ", 9/2000.

La sous-traitance rhônalpine est principalement constituée de petits établissements (25 salariés en moyenne) dont la majeure partie de la production dépend de donneurs d'ordre. Pour les 2/3 des entreprises, plus de 75 % du chiffre d'affaires sont réalisés dans le cadre d'une sous-traitance (enquête CCI RA 1997).

Les différents métiers de la sous-traitance rhônalpine.

a
Total
Effectif moyen des établissements
Nb établissements*
Effectif salarié total
Décolletage
581
13 640
23,5
Mécanique
1 972
32 243
16,4
Tolerie-chaudronnerie
1 318
21 575
16,4
Travail sur presse
222
7 307
32,9
Fonderie
79
3 631
46,0
Electricité
385
26 105
67,8
Electronique
648
17 103
26,4
Traitement thermique et de surface
359
5 848
16,3
Plastiques, caoutchouc
799
22 998
28,8
Pièces automobiles
285
17 787
62,4
TOTAL
6 648
168 237
25,3
* entreprises inscrites uniquement au registre du commerce et des sociétés

Près de 50 % des établissements sont concentrés dans les métiers de la mécanique et de la tôlerie/chaudronnerie. Les effectifs se répartissent plus uniformément entre les différents métiers, même si la mécanique concentre le plus grand nombre de salariés de la sous-traitance.

Une progression des effectifs et des établissements plus forte que dans l'ensemble de l'industrie

Entre 1995 et 1998, le nombre d'établissements et les effectifs de la sous-traitance ont assez peu progressé (moins de 1,5 % de hausse), mais dans le même temps, on a assisté à une quasi stagnation dans l'ensemble de l'industrie. Les évolutions sont assez contrastées suivant les métiers. Le décolletage et les pièces automobiles voient le nombre d'établissements se réduire, alors que les effectifs augmentent fortement de plus de 10 % ; l'inverse se présentant pour la tôlerie, chaudronnerie. L'électricité et l'électronique ont suivi une progression remarquée que ce soit en nombre d'établissements ou en terme d'effectifs. La mécanique étant, elle, en régression.

a Evolution du nombre d'établissements 98/95 Evolution des effectifs 98/95
Décolletage
-1,5 %
10,4 %
Mécanique
-2,0 %
-5,3 %
Tôlerie, chaudronnerie
3,3 %
-7,7 %
Travail sur presse
4,2 %
5,7 %
Fonderie
-1,3 %
-12,7 %
Electricité
5,8 %
3,7 %
Electronique
3,8 %
7,7 %
Traitement thermique et de surface
8,1 %
8,2 %
Plastiques, caoutchouc, composites
3,5 %
-0,3 %
Pièces automobiles
-2,1 %
13,5 %
Total
1,4 %
1,3 %
Source : fichier des CCI, CCI Lyon 9/2000

Une logique de systèmes productifs localisés.

La sous-traitance industrielle est bien répartie sur l'ensemble du territoire régional, avec une présence plus importante en Haute Savoie et dans l'Ain, mais aussi en Isère, dans la Loire et le Rhône. Les concentrations d'entreprises de la sous-traitance sont particulièrement importantes dans certains bassins, autour d'une spécialité bien identifiée : c'est le cas de la Plastic Valley d'Oyonnax dans l'Ain, en matière de transformation des matières plastiques, ou de la Technic Vallée dans la vallée de l'Arve (Haute Savoie) en matière de décolletage.

Ces zones constituent des systèmes productifs localisés, avec de fortes relations de sous-traitance mutuelle entre les entreprises. Elles peuvent aussi constituer un cadre privilégié pour l'articulation de spécialités complémentaires, comme c'est le cas à Saint Etienne en matière de production de biens d'équipement et de systèmes de production, avec des savoir-faire en matière de mécanique traditionnelle, d'informatique industrielle, d'électricité.... Les donneurs d'ordres peuvent ainsi appuyer leur activité sur de véritables réseaux locaux de compétences. Cette complémentarité permet aux entreprises sous-traitantes de se positionner sur de nouveaux marchés.

Les départements dont l'industrie est fortement orientée vers la sous-traitances sont l'Ain et la Haute-Savoie (ce sont d'ailleurs ceux qui ont une particularité métier très marquée), mais aussi le département du Rhône.



Plus de 40 % des établissements du métier des plastiques, caoutchouc sont localisés dans l'Ain ; mais l'exemple le plus frappant concerne les établissements de décolletage qui sont situés en Haute-Savoie dans leur quasi totalité.

Particularités départementales des métiers de la sous-traitance
(Indice de spécificité correspondant au ratio part du métier dans le département / part du métier en Rhône-Alpes)

a
Indice
entre 1,45 et 1,63
Indice
entre 1,74 et 2,17
Indice
plus de 2,82
Ain a a Plastiques, caoutchouc, composites
Ardèche a Electronique
Pièces automobiles Fonderie
a
Drôme a Pièces automobiles a
Isère Tôlerie, chaudronnerie
Electronique
a a
Loire Mécanique Pièces automobiles Travail sur presse a
Rhône a a a
Savoie Tôlerie, chaudronnerie a a
Haute-Savoie a a Décolletage : 5,07

Une adaptation réussie aux exigences des donneurs d'ordres.

Les entreprises de la sous-traitance ont fait face ces dernières années, outre les aléas conjoncturels, à des évolutions importantes dans leur relation avec les donneurs d'ordres. Les exigences de ces derniers sont croissantes en matière de qualité et d'offre de sous-ensembles complets. Par ailleurs, les donneurs d'ordres demandent de plus en plus souvent à leurs sous-traitants de les accompagner dans l'internationalisation de leur activité.

Ces exigences nécessitent l'acquisition d'une taille critique, et donc l'accroissement du capital, pour disposer des capacités d'innovation en matière de produits et de procédés de production. Certaines entreprises régionales ont ainsi évolué du rôle de sous-traitant à celui d'équipementier (MGI Coutier, Neyr Plastiques Holding dans la plasturgie, Saint Jean Industrie dans la fonderie à Belleville-sur-Saône…). D'autres diversifient leur activité avec la production de produits qui leur sont propres. Le potentiel rhônalpin en matière de recherche et de centres techniques favorise fortement ces mutations.

La sous-traitance rhônalpine s'est aussi orientée vers la sous-traitance de spécialité, en tirant parti de l'excellence de ses savoir-faire. Elle présente aujourd'hui une offre très large de savoir-faire très pointus tels que la mécanique de haute précision en Haute Savoie ou la chaudronnerie pour les applications de laboratoire dans l'agglomération de Grenoble…

Ce positionnement sur l'excellence limite la dépendance à l'égard des donneurs d'ordres. Par ailleurs, il se traduit par une part importante du chiffre d'affaires réalisé à l'export. Si les clients des entreprises de la sous-traitance demeurent encore principalement régionaux, la sous-traitance est en effet présente à l'exportation et les entreprises rhônalpines sont en la matière plus performantes qu'en moyenne en France.

L'apport des CCI aux entreprises de la sous-traitance.

Les CCI de Rhône-Alpes accompagnent les entreprises de la sous-traitance dans ces mutations en les conseillant dans leur processus d'innovation et de conception de produits propres et en les aidant à développer leur clientèle à l'export. A partir de 1996, dans le cadre d'une opération conjointe avec la DRIRE et le Conseil régional, elles sont par exemple intervenues auprès des PMI sous-traitantes de l'industrie de la défense pour les accompagner dans le nécessaire redéploiement de leur activité. Les CCI sont également fortement impliquées dans le programme régional pour une mécanique d'excellence.

Les CCI aident aussi les entreprises à s'allier entre elles pour répondre à l'exigence d'acquisition d'une taille critique. En la matière, le Salon Alliance, qui après dix éditions apparaît comme une grande réussite (plus de 1000 exposants et 20 000 visiteurs en 2000), offre de multiples opportunités de partenariats. Alliance et le salon RIST (Valence) sont aussi le cadre privilégié de promotion des savoir faire de la sous-traitance rhônalpine.

 

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