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Les difficultés de
recrutement examinées à la loupe.
La Direction
Régionale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle
vient de réaliser une analyse fine du rapport entre offres et
demandes d'emploi ; l'objectif étant de mesurer l'étendue
des difficultés de recrutement et d'identifier les métiers
les plus concernés.
Depuis de nombreux
mois, plusieurs activités ont en effet exprimé qu'elles
subissaient des tensions en matière de demande d'emploi *, c'est-à-dire
qu'elles rencontraient des difficultés pour recruter. L'étude
de la DRTEFP confirme une augmentation de la tension sur le marché
du travail en 2000.
Croissance
des offres d'emploi et diminution du nombre de chômeurs
Le rapport entre
l'offre et la demande d'emploi s'est en effet profondément modifié
ces dernières années. L'indicateur de tension sur la demande
d'emploi (qui constitue une mesure de la difficulté à
recruter), analysé par la DRTEFP, a augmenté en moyenne
de 26 % par an depuis 1996 en Rhône-Alpes. Deux phases ont été
enregistrées : entre la fin 1996 et le 3ème trimestre
1998, puis, de façon encore plus marquée, à partir
du second semestre 1999. La plus forte augmentation a été
enregistrée au 1er semestre 2000.
Ce phénomène
a d'abord résulté d'une montée des offres d'emploi
: + 10 % en moyenne par an, avec une croissance particulièrement
forte entre avril 1999 et mars 2000. Le niveau s'est depuis stabilisé.
Ce sont les offres pour des contrats de courte durée qui ont
le plus progressé. Parallèlement, la baisse du nombre
de demandeurs d'emploi a aussi contribué à la tension
sur le marché de l'emploi. Sur la période de douze mois
terminée en septembre 2000, on a compté 74 offres enregistrées
pour 100 demandeurs d'emploi inscrits dans le même intervalle
de temps (67 en France), contre 48 quatre ans plus tôt.
Depuis l'été
2000, la tension s'est encore accrue, mais avec une décélération
du rythme. La baisse du nombre de demandeurs d'emploi en fin d'année
a contribué plus fortement à la poursuite du phénomène.
La
plupart des filières industrielles et du BTP ont été
affectées par les difficultés de recrutement
29 métiers
se sont trouvés en situation de tension sur la demande d'emploi
particulièrement marquée en 2000. Ils n'étaient
que onze en 1999 et 2 en 1996. Cette tension se vérifie d'abord
pour les emplois qualifiés. Parmi les métiers les plus
touchés : ouvrier qualifié des travaux publics, ouvrier
de l'ameublement, de la métallurgie/verre/céramique,
Dans le tertiaire, les difficultés de recrutement sont plus concentrées
sur certaines filières.
De nombreux métiers
sont passés d'une situation relativement équilibrée
à un niveau d'offres d'emploi très important par rapport
aux demandes, en raison d'une bonne conjoncture pour l'activité.
Pour quelques métiers, la tension, constante depuis quatre ans,
est plus structurelle (techniciens, agents de maîtrise et dessinateurs
en mécanique, infirmiers).
Autre enseignement
intéressant : les difficultés à recruter du personnel
peuvent coïncider avec un niveau de chômage élevé
pour le métier. Le niveau de chômage est ainsi assez élevé
pour certains métiers du BTP et pour les cuisiniers. Il est très
élevé pour les employés de l'hôtellerie/restauration
et les moniteurs et animateurs culturels et sportifs. Pour ces métiers,
la jonction se fait mal entre offres et demandes.
Les tensions en
matière de recrutement ne concernent pas que les métiers
en fort développement (informaticiens, animateurs, formage du
métal, hôtellerie
). Des métiers dont les effectifs
sont stables, voire en décroissance (ouvriers du cuir ou de l'ameublement)
peuvent être touchés.
Il apparaît
que les difficultés de recrutement sont dues à un ensemble
de facteurs souvent interdépendants, liés soit aux demandeurs
d'emploi, comme la segmentation du marché du travail, soit aux
entreprises, comme la difficulté à anticiper les besoins,
l'image des métiers et les conditions de travail, d'emploi et
de salaire, soit encore à un retard d'adaptation de l'offre de
formation. Les conditions de vie et de logement de certaines zones peuvent
aggraver l'inadéquation constatée entre offre et demande
d'emploi.
Des
difficultés plus intenses à Lyon et dans les bassins frontaliers
Pour certains
métiers, le déséquilibre entre l'offre et la demande
concerne l'ensemble de la région (métiers de bouche, BTP,
infirmiers). Si Lyon enregistre une des plus fortes tensions sur la
demande d'emploi, c'est en raison d'une forte pression pour les métiers
de la fonction commerciale et tertiaire. En Tarentaise et en Maurienne,
la tension s'explique par le volume important d'offres d'emploi du tourisme.
Dans la vallée de l'Arve, la tension est enregistrée à
la fois pour le tourisme et l'industrie.

Légende
: rouge (tension sur la demande d'emploi), mauve (rapport offre/demande
moyen), bleu (déficit d'offres d'emploi).
Les résultats
complets de l'étude seront disponibles sur le site internet de
la Direction
Régionale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle
( rubrique Publications et Statistiques).
* Indicateur qui tient compte
à la fois des flux et des stocks de demandes et d'offres d'emploi
suivies par l'ANPE.
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