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Le 18 juin 2001

 

 

 

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Analyses et débats

Les difficultés de recrutement examinées à la loupe.

La Direction Régionale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle vient de réaliser une analyse fine du rapport entre offres et demandes d'emploi ; l'objectif étant de mesurer l'étendue des difficultés de recrutement et d'identifier les métiers les plus concernés.

Depuis de nombreux mois, plusieurs activités ont en effet exprimé qu'elles subissaient des tensions en matière de demande d'emploi *, c'est-à-dire qu'elles rencontraient des difficultés pour recruter. L'étude de la DRTEFP confirme une augmentation de la tension sur le marché du travail en 2000.

Croissance des offres d'emploi et diminution du nombre de chômeurs

Le rapport entre l'offre et la demande d'emploi s'est en effet profondément modifié ces dernières années. L'indicateur de tension sur la demande d'emploi (qui constitue une mesure de la difficulté à recruter), analysé par la DRTEFP, a augmenté en moyenne de 26 % par an depuis 1996 en Rhône-Alpes. Deux phases ont été enregistrées : entre la fin 1996 et le 3ème trimestre 1998, puis, de façon encore plus marquée, à partir du second semestre 1999. La plus forte augmentation a été enregistrée au 1er semestre 2000.

Ce phénomène a d'abord résulté d'une montée des offres d'emploi : + 10 % en moyenne par an, avec une croissance particulièrement forte entre avril 1999 et mars 2000. Le niveau s'est depuis stabilisé. Ce sont les offres pour des contrats de courte durée qui ont le plus progressé. Parallèlement, la baisse du nombre de demandeurs d'emploi a aussi contribué à la tension sur le marché de l'emploi. Sur la période de douze mois terminée en septembre 2000, on a compté 74 offres enregistrées pour 100 demandeurs d'emploi inscrits dans le même intervalle de temps (67 en France), contre 48 quatre ans plus tôt.

Depuis l'été 2000, la tension s'est encore accrue, mais avec une décélération du rythme. La baisse du nombre de demandeurs d'emploi en fin d'année a contribué plus fortement à la poursuite du phénomène.

La plupart des filières industrielles et du BTP ont été affectées par les difficultés de recrutement

29 métiers se sont trouvés en situation de tension sur la demande d'emploi particulièrement marquée en 2000. Ils n'étaient que onze en 1999 et 2 en 1996. Cette tension se vérifie d'abord pour les emplois qualifiés. Parmi les métiers les plus touchés : ouvrier qualifié des travaux publics, ouvrier de l'ameublement, de la métallurgie/verre/céramique, … Dans le tertiaire, les difficultés de recrutement sont plus concentrées sur certaines filières.

De nombreux métiers sont passés d'une situation relativement équilibrée à un niveau d'offres d'emploi très important par rapport aux demandes, en raison d'une bonne conjoncture pour l'activité. Pour quelques métiers, la tension, constante depuis quatre ans, est plus structurelle (techniciens, agents de maîtrise et dessinateurs en mécanique, infirmiers).

Autre enseignement intéressant : les difficultés à recruter du personnel peuvent coïncider avec un niveau de chômage élevé pour le métier. Le niveau de chômage est ainsi assez élevé pour certains métiers du BTP et pour les cuisiniers. Il est très élevé pour les employés de l'hôtellerie/restauration et les moniteurs et animateurs culturels et sportifs. Pour ces métiers, la jonction se fait mal entre offres et demandes.

Les tensions en matière de recrutement ne concernent pas que les métiers en fort développement (informaticiens, animateurs, formage du métal, hôtellerie…). Des métiers dont les effectifs sont stables, voire en décroissance (ouvriers du cuir ou de l'ameublement) peuvent être touchés.

Il apparaît que les difficultés de recrutement sont dues à un ensemble de facteurs souvent interdépendants, liés soit aux demandeurs d'emploi, comme la segmentation du marché du travail, soit aux entreprises, comme la difficulté à anticiper les besoins, l'image des métiers et les conditions de travail, d'emploi et de salaire, soit encore à un retard d'adaptation de l'offre de formation. Les conditions de vie et de logement de certaines zones peuvent aggraver l'inadéquation constatée entre offre et demande d'emploi.

Des difficultés plus intenses à Lyon et dans les bassins frontaliers

Pour certains métiers, le déséquilibre entre l'offre et la demande concerne l'ensemble de la région (métiers de bouche, BTP, infirmiers). Si Lyon enregistre une des plus fortes tensions sur la demande d'emploi, c'est en raison d'une forte pression pour les métiers de la fonction commerciale et tertiaire. En Tarentaise et en Maurienne, la tension s'explique par le volume important d'offres d'emploi du tourisme. Dans la vallée de l'Arve, la tension est enregistrée à la fois pour le tourisme et l'industrie.

Légende : rouge (tension sur la demande d'emploi), mauve (rapport offre/demande moyen), bleu (déficit d'offres d'emploi).

Les résultats complets de l'étude seront disponibles sur le site internet de la Direction Régionale du Travail, de l'Emploi et de la Formation Professionnelle ( rubrique Publications et Statistiques).

* Indicateur qui tient compte à la fois des flux et des stocks de demandes et d'offres d'emploi suivies par l'ANPE.

 

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