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Le 16 décembre 02

 

 

 

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Analyses et débats

Les ménages rhônalpins et l'épargne


Alors que l'attentisme reste d'actualité en matière d'investissement des entreprises, et que la demande extérieure manque toujours de dynamisme, la consommation des Français est scrutée mois après mois par les conjoncturistes pour déterminer dans quelle mesure elle pourra encore tirer la croissance.

L'Observatoire Caisse d'épargne 2003, en s'intéressant aux comportements d'épargne des Français, y compris à ses spécificités régionales et locales, fournit en la matière un éclairage intéressant.

Jusqu'à cet automne, la consommation des ménages s'est relativement bien tenue, en comparaison avec la situation de la plupart de nos partenaires européens. Elle apparaît depuis quelques mois comme le principal moteur de la croissance, d'où l'importance du maintien de la confiance des ménages et de leur propension à consommer. Comme l'ont montré les interrogations liées à l'utilisation faîte par les Français des réductions d'impôt et de la prime de rentrée, l'arbitrage opéré par les ménages entre l'épargne et la consommation apparaît particulièrement sensible dans ce contexte.

Pas de repli massif sur l'épargne pour l'instant

Si leur consommation a été bien orientée ces derniers mois, les Français apparaissent également comme des épargnants dans le contexte européen, avec un taux d'épargne de 16,1 % en 2001 (qui pourrait atteindre 16,3 % en 2002). Depuis un an, l'indicateur qui mesure la propension à épargner des ménages a encore été orienté à la hausse, malgré un tassement en novembre. L'Observatoire Caisse d'épargne 2003 confirme cette tendance mais ne l'analyse pas encore comme un véritable repli sur l'épargne. Le bas niveau des taux d'intérêt et la conjoncture boursière ne sont d'ailleurs pas favorables à un tel repli.

En abordant la question des spécificités territoriales, l'Observatoire Caisse d'épargne apporte des éléments intéressants pour la conjoncture régionale. Ce n'est pas en Rhône-Alpes que les ménages consacrent la plus importante part du revenu à l'épargne. Mais avec 9,6 % des actifs financiers pour 9,3 % du revenu en France, Rhône-Alpes est bien une région d'épargne. Elle figure par ailleurs parmi les régions françaises pour lesquelles les valeurs mobilières occupent une place importante dans les actifs financiers (22,2 %).

La majorité des départements rhônalpins (Loire, Ain, Savoie, Isère, Drôme) présente, en matière d'épargne, un profil proche de celui de la France. Les ménages de ces départements épargnent cependant un peu plus que la moyenne nationale et recourent un peu moins au crédit. Les trois autres départements présentent quant à eux des spécificités marquées.

Les spécificités du Rhône, de l'Ardèche et de la Haute-Savoie

En Ardèche, comme dans les autres départements du Sud du Massif central, les ménages épargnent beaucoup plus que la moyenne, privilégient la sécurité dans le choix des actifs financiers et recourent moins au crédit. En Haute-Savoie par contre, les ménages, relativement aisés, recourent largement aux crédits, notamment pour accéder à la propriété malgré des prix élevés. Les placements sûrs, comme l'épargne-logement, sont privilégiés par rapport aux valeurs mobilières. Les ménages du Rhône enfin, comme ceux d'autres départements " aisés " et largement urbanisés, épargnent moins que la moyenne nationale et sont peu endettés au titre de l'immobilier. Quand ils épargnent, ils font clairement le choix des placements financiers, avec un goût affirmé pour les placements risqués, au détriment de la propriété immobilière.

En matière de placements financiers, l'Observatoire Caisse d'épargne note qu'il n'y a pas eu en 2002 de vente massive des actifs par les ménages, les 2/3 des petits porteurs attendant des jours meilleurs pour vendre. La crise des valeurs boursières a cependant laissé des traces, avec une baisse drastique des intentions de placements. Près d'un quart des porteurs d'actions expriment par ailleurs l'intention de quitter la bourse dès que possible.

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