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Les ménages
rhônalpins et l'épargne
Alors
que l'attentisme reste d'actualité en matière d'investissement
des entreprises, et que la demande extérieure manque toujours de
dynamisme, la consommation des Français est scrutée mois
après mois par les conjoncturistes pour déterminer dans
quelle mesure elle pourra encore tirer la croissance.
L'Observatoire
Caisse d'épargne 2003, en s'intéressant aux comportements
d'épargne des Français, y compris à ses spécificités
régionales et locales, fournit en la matière un éclairage
intéressant.
Jusqu'à cet
automne, la consommation des ménages s'est relativement bien tenue,
en comparaison avec la situation de la plupart de nos partenaires européens.
Elle apparaît depuis quelques mois comme le principal moteur de
la croissance, d'où l'importance du maintien de la confiance des
ménages et de leur propension à consommer. Comme l'ont montré
les interrogations liées à l'utilisation faîte par
les Français des réductions d'impôt et de la prime
de rentrée, l'arbitrage opéré par les ménages
entre l'épargne et la consommation apparaît particulièrement
sensible dans ce contexte.
Pas de repli
massif sur l'épargne pour l'instant
Si leur consommation
a été bien orientée ces derniers mois, les Français
apparaissent également comme des épargnants dans le contexte
européen, avec un taux d'épargne de 16,1 % en 2001 (qui
pourrait atteindre 16,3 % en 2002). Depuis un an, l'indicateur qui mesure
la propension à épargner des ménages a encore été
orienté à la hausse, malgré un tassement en novembre.
L'Observatoire Caisse d'épargne 2003 confirme cette tendance mais
ne l'analyse pas encore comme un véritable repli sur l'épargne.
Le bas niveau des taux d'intérêt et la conjoncture boursière
ne sont d'ailleurs pas favorables à un tel repli.

En abordant la question
des spécificités territoriales, l'Observatoire Caisse d'épargne
apporte des éléments intéressants pour la conjoncture
régionale. Ce n'est pas en Rhône-Alpes que les ménages
consacrent la plus importante part du revenu à l'épargne.
Mais avec 9,6 % des actifs financiers pour 9,3 % du revenu en France,
Rhône-Alpes est bien une région d'épargne. Elle figure
par ailleurs parmi les régions françaises pour lesquelles
les valeurs mobilières occupent une place importante dans les actifs
financiers (22,2 %).
La majorité
des départements rhônalpins (Loire, Ain, Savoie, Isère,
Drôme) présente, en matière d'épargne, un profil
proche de celui de la France. Les ménages de ces départements
épargnent cependant un peu plus que la moyenne nationale et recourent
un peu moins au crédit. Les trois autres départements présentent
quant à eux des spécificités marquées.
Les spécificités
du Rhône, de l'Ardèche et de la Haute-Savoie
En Ardèche,
comme dans les autres départements du Sud du Massif central, les
ménages épargnent beaucoup plus que la moyenne, privilégient
la sécurité dans le choix des actifs financiers et recourent
moins au crédit. En Haute-Savoie par contre, les ménages,
relativement aisés, recourent largement aux crédits, notamment
pour accéder à la propriété malgré
des prix élevés. Les placements sûrs, comme l'épargne-logement,
sont privilégiés par rapport aux valeurs mobilières.
Les ménages du Rhône enfin, comme ceux d'autres départements
" aisés " et largement urbanisés, épargnent
moins que la moyenne nationale et sont peu endettés au titre de
l'immobilier. Quand ils épargnent, ils font clairement le choix
des placements financiers, avec un goût affirmé pour les
placements risqués, au détriment de la propriété
immobilière.
En matière
de placements financiers, l'Observatoire Caisse d'épargne note
qu'il n'y a pas eu en 2002 de vente massive des actifs par les ménages,
les 2/3 des petits porteurs attendant des jours meilleurs pour vendre.
La crise des valeurs boursières a cependant laissé des traces,
avec une baisse drastique des intentions de placements. Près d'un
quart des porteurs d'actions expriment par ailleurs l'intention de quitter
la bourse dès que possible.
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