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Les entreprises en difficulté.
Si Rhône-Alpes
a pu sembler relativement peu touchée par les grands plans sociaux
qui ont fait la Une de l'actualité estivale, l'annonce récente
de restructurations chez Hewlett Packard est venue rappeler que la région
n'était pas épargnée. Quelques dépôts
de bilan d'entreprises connues marquent aussi les esprits et renforcent
les interrogations quant à la conjoncture économique.
Entre la fin du
premier semestre et le début des vacances d'été,
la situation des entreprises s'est en effet dégradée.
On assiste ainsi à un retournement de tendance concernant les
" difficultés " des entreprises, sans pour autant que
l'on puisse parler d'explosion des situations délicates.
Le ralentissement
économique n'a pas tardé à se répercuter
sur la situation financière des entreprises. Une récente
étude nationale de la Banque de France montre ainsi que la situation
de trésorerie s'est nettement détériorée
depuis dix-huit mois pour se retrouver au niveau très défavorable
de la mi 1996. Outre la baisse des résultats d'exploitation liée
à la hausse du prix de matières premières, les
délais de règlement se sont allongés.
Le baromètre
CCI des entreprises de services confirme cette dégradation. Une
entreprise sur cinq déclare avoir un niveau de trésorerie
en baisse par rapport à la même période de 2000.
Le travail temporaire et l'ingénierie sont les activités
les plus touchées. Parallèlement, le nombre d'entreprises
dont la trésorerie s'améliore est en baisse. L'enquête
de conjoncture INSEE/Fédération régionale du bâtiment
montre également que les situations de trésorerie sont
moins favorables dans ce secteur. Elles se sont par contre améliorées
dans le commerce de gros.
Le taux d'encaissement
déterminé par l'URSSAF de Lyon, qui fournit un éclairage
sur les difficultés financières en montrant les retards
de paiement des cotisations sociales, n'indique pas de dégradation
au second trimestre. Il est légèrement inférieur
à celui du second trimestre 2000 mais il reste à un niveau
élevé.
Dans un contexte
de reprise du chômage depuis quelques mois, les indicateurs de
l'emploi caractérisant les difficultés des entreprises
présentent également un intérêt tout particulier.
Les licenciements
économiques et le chômage partiel restent à des
niveaux relativement bas
On constatera
tout d'abord que jusqu'en juillet, le nombre des licenciements économiques
enregistrés en Rhône-Alpes est resté relativement
faible, avec un niveau inférieur à celui de 2000. Il n'y
a donc pas eu de hausse brutale des licenciements économiques
au début de l'été. L'écart avec 2000 tend
toutefois à se resserrer.
Quant au chômage
partiel, on assiste aussi à une progression. D'avril à
juillet, 33 676 journées de travail ont été déclarées
indemnisables. C'est deux fois plus qu'en 2000, et l'écart sur
un an s'accroît au fil des mois. Mais là encore, le niveau
du chômage partiel reste encore nettement moins élevé
qu'en 1998 ou 1999.
En matière
de défaillances d'entreprises, il semble que l'on assiste aussi
à un retournement de tendance ces derniers mois, après
plusieurs années de baisse. Les premières données
disponibles indiquent en effet une reprise des dépôts de
bilan depuis avril, dans l'ensemble du pays. Ces chiffres sont à
appréhender avec prudence du fait des grèves qui ont touché
les tribunaux de commerce et qui ont pu décaler l'ouverture des
procédures.

Selon l'enquête
trimestrielle de Dun & Bradstreet, les défaillances ont progressé
de 7 % en Rhône-Alpes, au second trimestre, par rapport à
l'année 2000. C'est deux fois moins que la moyenne française
qui s'établit à 14 %. Rhône-Alpes apparaît
donc plutôt moins touchée que d'autres régions,
sauf pour l'agriculture pour laquelle la situation est particulièrement
défavorable. Dun & Bradstreet annonce une amplification de
la reprise des défaillances en juillet.
Les données
détaillées diffusées par le Tribunal de commerce
de Lyon indiquent effectivement une progression importante des liquidations
judiciaires en juillet : + 18 %. L'examen du nombre des procédures
en cours montre une progression sensible pour les prestataires de services,
avec notamment trois fois plus d'entreprises concernées dans
l'informatique, par rapport à l'année dernière.
Les procédures sont aussi à la hausse dans le BTP (+ 4,4
%) et dans les commerces alimentaires (+ 7,5 %). En cumul depuis le
début de l'année, les procédures de liquidation
ouvertes en 2001 sont toutefois toujours moins nombreuses qu'en 2000
: - 20 %. L'effectif moyen des entreprises concernées par les
dépôts de bilan progresse légèrement.
Il apparaît
ainsi qu'au début de l'été, avec le ralentissement
de la croissance, le nombre d'entreprises en difficulté est reparti
à la hausse. Cette période marque sans doute un début
d'inversion de tendance. Pour autant, on n'a pas noté pour l'instant
une " explosion " des difficultés, qu'elles se traduisent
par des licenciements économiques, du chômage partiel ou
des dépôts de bilan.
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