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L'enjeu de la transmission/reprise
d'entreprises
Une
progression sensible de la création d'entreprises a été
enregistrée en 2003, aussi bien en Rhône-Alpes (+ 8,8 %)
que dans l'ensemble du pays (+ 8,7 %). Dès 2002, la création
d'entreprises s'était orientée à la hausse dans la
région. Tous les types de créations n'ont cependant pas
connu ce rebond : les créations pures ont joué un rôle
particulièrement moteur, alors que la reprise d'entreprises a progressé
à un rythme plus modéré jusqu'en 2004.
La progression
du nombre de créations d'entreprises a été sensible
en Rhône-Alpes dès 2002. Elle s'est amplifiée en 2003
et début 2004, s'inscrivant dans un contexte de dynamisation de
la création au plan national. Ce phénomène a plusieurs
explications : mesures législatives pour faciliter la création,
actions mises en uvre pour promouvoir l'"esprit d'entreprendre",
hausse du nombre de demandeurs d'emplois, pour lesquels la création
d'une affaire peut constituer une orientation professionnelle. Selon les
données nationales, un tiers des créations ou reprises d'entreprises
ont été le fait de demandeurs d'emploi en 2003*.
Tous les types
de créations d'entreprises n'ont pas bénéficié
de ce regain d'intérêt. Ce sont les créations pures**
qui ont montré la plus grande vigueur en 2003 (+ 10,9 % en Rhône-Alpes).
Les reprises d'entreprises ont progressé à un rythme moindre
(+ 3,1 %), et ont stagné au plan national. On note toutefois une
hausse sensible de ces dernières au 1er semestre 2004.

La part des reprises
dans la création d'entreprises tend à diminuer. En Rhône-Alpes,
les reprises représentaient 19,7 % de l'ensemble des créations
en 1997 ; en 2003, cette part n'était plus que de 15,6 %.
Un
nombre croissant d'entreprises à transmettre
Les enjeux de la
transmission/reprise d'entreprises sont importants : possibilité
pour l'entrepreneur qui a bâti son affaire d'en retirer un patrimoine,
notamment au moment du départ en retraite, maintien du tissu économique,
aménagement du territoire, transmission de savoir-faire, emploi.
Ainsi en 2003, 50 % des entreprises reprises en France ont démarré
leur activité avec des salariés, contre 16 % seulement pour
les créations pures.
Pour une même
activité, les chances de survie d'une entreprise reprise sont supérieures
à celles d'une création pure. 39 % des créations
pures de 1998 avaient cessé leur activité trois ans après,
contre seulement 27 % des entreprises ayant fait l'objet d'une reprise.
Le nombre d'entreprises
potentiellement à transmettre, déjà important, va
encore s'accroître au cours des prochaines années, avec l'arrivée
à l'âge de la retraite des entrepreneurs de la génération
du " baby boom ". Selon le dénombrement effectué
par les CCI de Rhône-Alpes à fin 2003, portant uniquement
sur les entreprises inscrites au registre du commerce et des sociétés,
plus de 39 000 de ces dernières sont dirigées par une personne
ayant 55 ans ou plus. Et l'enjeu est encore plus important si l'on tient
compte du fait que toutes les transmissions ne sont pas motivées
par un départ en retraite. Selon une étude IFOP*** , c'est
le cas de 59 % seulement des cessions potentielles.
En 2003, 4 622 reprises
d'entreprises ont été enregistrées en Rhône-Alpes****.
Même si les statistiques ne prennent pas en compte certaines
formes de reprises, ce volume annuel apparaît encore insuffisant
pour faire face aux opportunités de transmission des prochaines
années.

Face à cet
enjeu, les CCI de Rhône-Alpes intensifient leur appui en matière
de transmission et de reprise d'entreprises, par des actions d'information,
d'accompagnement individuel et de mise en relation des cédants
et des repreneurs. L'un des premiers défis à relever est
de faire prendre conscience aux chefs d'entreprises qu'ils auront à
transmettre leur société, puis de les aider à s'y
préparer tant psychologiquement que techniquement. Il est décisif,
pour la poursuite de nombreuses activités, que les entreprises
en situation d'être cédées soient connues et proposées
à des repreneurs. En 2003, les CCI de Rhône-Alpes ont mis
en relation avec un réseau d'experts 823 responsables d'entreprises
souhaitant transmettre leur société.
* Enquête
de l'IFOP, février 2004.
** Une création est dite pure si l'activité exercée
ne correspond pas à la poursuite d'une activité de même
type, exercée antérieurement au même endroit, par
une autre entreprise (INSEE).
*** Etude IFOP - CSOEC / ACFCI / APCE, 2003.
**** INSEE. Champ ICS, hors reprises par rachat de parts sociales.
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