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Le 25 septembre 2008

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Regards croisés sur la conjoncture de la région italienne du Piémont et celle de la région Rhône-Alpes


Piémont

Le Piémont, terre d’excellences

Grâce à plus de 469 000 entreprises, 4,3 millions d’habitants et presque 2 millions d’actifs, le Piémont génère un PIB de 123,7 milliards d’euros, qui place la région aux premiers rangs de l’Italie. Ce résultat est le fruit de décennies de forte croissance qui ont fait du Piémont une région riche, avec un PIB par habitant, à parité de pouvoir d’achat, dépassant d'environ 15 % la moyenne de l’Union européenne à 27 États.

Après une phase d’expansion, qui s’est prolongée jusqu’au 2ème trimestre 2008, la conjoncture industrielle piémontaise connaît actuellement une période frileuse, avec la crainte des effets de la récession redoutée dans l'ensemble des principales économies européennes. S’il est vrai que l’économie subalpine a fait montre d’une certaine solidité en début d’année, les premiers signes de la crise, apparus au printemps sur les marchés européens, ont fait vaciller la confiance des entrepreneurs piémontais, qui prévoient, pour fin 2008, un temps d’arrêt de l'ensemble des principaux indicateurs conjoncturels.

Il est toutefois incontestable que regarder au-delà des frontières italiennes et faire levier sur le partenariat qui lie le Piémont à d’importantes économies européennes, comme celle de la région transfrontalière Rhône-Alpes, avec laquelle la collaboration est bien rodée et porteuse de futurs développements, permettra de limiter les effets de cette crise.

Renato VIALE
Président Unioncamere Piemonte

 

La conjoncture économique piémontaise

Depuis le chiffre positif de fin 2005, qui a interrompu la série négative de dix-huit trimestres consécutifs, la production industrielle piémontaise n’a cessé de progresser. Durant la période avril/juin 2008, la variation tendancielle brute a été de + 0,5 %, résultat en opposition à la variation moyenne au plan national (- 1,3 %). Ce résultat favorable du tissu manufacturier piémontais est confirmé par d’autres indicateurs conjoncturels : les commandes sont en hausse par rapport au début d’année, au niveau national (+ 0,3 %) et, surtout, étranger (+ 4,5 %), alors que le chiffre d’affaires des entreprises affiche en moyenne une augmentation de 4,2 % par rapport à la période avril/juin 2007.

Au cours du 2ème trimestre 2008, le bon résultat du secteur industriel piémontais est principalement dû aux brillantes performances réalisées par le secteur automobile, qui a réalisé une hausse de sa production de 3,6 %, et du secteur mécanique, qui confirme la bonne santé dont il jouit désormais depuis plusieurs trimestres (+ 3,0 % net).

Après un début d’année caractérisé par un optimisme modéré des entrepreneurs piémontais, en juillet 2008, les prévisions sont à nouveau fortement dominées par le pessimisme. En ce qui concerne la production industrielle, un tiers des entrepreneurs interrogés déclare s’attendre à un fléchissement au 2ème semestre, alors que seul un sur cinq d’entre eux annonce une croissance, soit un solde d’opinion négatif de 14 points. Le solde d’opinion relatif à la demande interne est pire encore (- 18 points), alors que ceux relatifs aux commandes étrangères et à l’emploi affichent respectivement - 7 et - 9.

Au cours du 1er trimestre 2008, les exportations piémontaises ont atteint 9,5 milliards d’euros, en croissance de + 6,1 % par rapport à la même période de l’année précédente. Au niveau national, la croissance de l’export a été de + 5,4 %. Les bonnes performances des exportations régionales ont été déterminées par le secteur de la mécanique (+ 13,1 %), la filière automobile (+ 8,4 %) et le secteur alimentaire (+ 8,1 %). La tendance à l’expansion a concerné les pays n’appartenant pas à l’Union européenne à 27 États (+ 14,5 %) plutôt que les partenaires de cette même UE (+ 2,5 %) : les exportations baissent vers la France, l’Allemagne et l’Espagne et progressent vers la Pologne, les États-Unis et la Turquie.

Quant au commerce interne, en mars-avril, le chiffre d’affaires de la grande distribution a affiché une augmentation globale de 3 % par rapport à la même période de 2007. Cette progression est enregistrée pour les deux catégories de produits observées, à savoir les articles conditionnés de grande consommation (alimentation, soins des animaux, équipement de la maison et de la personne) et les autres produits non alimentaires, même si la croissance est plus nette pour la première catégorie (+ 3,7 %) que pour la seconde (+ 1,7 %).

Durant la période avril/juin 2008, le registre des entreprises a affiché un bilan positif de 3 082 unités résultant des 8 926 nouvelles entreprises et des 5 844 qui ont cessé leur activité. Le taux de croissance du nombre d’entreprises a été de + 0,66 %, dépassant l’augmentation moyenne nationale + 0,61 % ; la vitalité du tissu d’entreprises de la région semble toutefois moins forte comparée à la même période de l’année précédente, symptôme, là encore, de l’air de crise qui se respire sur les marchés internationaux. Parmi les secteurs les plus dynamiques, citons le bâtiment, le tourisme et les services aux entreprises.

Au cours du 1er trimestre 2008, enfin, la population active a augmenté (+ 1,1 % sur un an), bien qu’à un rythme moins soutenu que celui de la moyenne nationale (+ 2,2 %), pour atteindre 1 953 000 personnes. En Piémont, le nombre de personnes employées est actuellement de 1 861 000, soit + 0,7 % par rapport au 1er trimestre 2007. La croissance de l’emploi est due exclusivement à la composante féminine, qui a enregistré une augmentation de 2,6 %, contrebalançant le fléchissement de la composante masculine (- 0,8 %). Le taux de chômage global (4,7 %) a affiché une légère augmentation par rapport à la même période de 2007 (4,3 %).

Synthèse de la conjoncture réalisée par l’Unioncamere Piemonte

 

Rhône-Alpes


Toujours et encore renforcer nos liens économiques !

C’est avec un grand plaisir et un grand intérêt que Conjonctura ouvre ses colonnes à Monsieur Renato VIALE, Président de l’union des Chambres de commerce et d’industrie du Piémont, via ce coup de projecteur mettant en parallèle une synthèse de la conjoncture économique de nos deux régions.

La conduite des entreprises, comme celle de l’économie, impose d’ouvrir son champ de veille et d’action, notamment à l’international, pour comparer ses résultats, mieux comprendre les évolutions en cours et saisir les opportunités.

Et c’est bien naturellement que dans une Europe où le poids des régions compte de plus en plus, nous nous sommes rapprochés pour à la fois renforcer nos liens économiques, mieux faire entendre la voix des chefs d’entreprise et mieux servir leurs intérêts. Un partenariat se formalise et l’ouverture d’un bureau commun à Bruxelles est à l’étude. Ces démarches sont capitales tant nous partageons des sujets sur lesquels nous pouvons mutuellement nous enrichir et construire l’avenir : l’industrie, l’innovation et la société de la connaissance, la conquête des marchés au plan mondial, le développement du tourisme alpin et urbain, la mutation du commerce… sans oublier bien sûr la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin, un projet majeur pour nos deux régions pour lequel nous nous battons ensemble.

C’est donc avec une grande satisfaction que je vois avancer nos projets de partenariat, que ce soit dans le cadre de nos relations bilatérales ou dans celui de l’Eurorégion Alpes – Méditerranée.

Jean-Paul MAUDUY
Président de la CRCI Rhône-Alpes

 

La conjoncture économique rhônalpine

Après une tendance favorable en 2006 et 2007, l’activité industrielle résiste mais connaît un ralentissement depuis le début 2008. Au second trimestre, l’opinion des industriels sur leur niveau d’activité s’est encore inscrite en retrait par rapport à l’année précédente. Les carnets de commandes ont continué de se dégarnir. Les marges des entreprises se sont dégradées, notamment dans les industries alimentaires, les biens d’équipement et les biens intermédiaires. Pour les deux premiers de ces secteurs, les marges à l’exportation ont pesé sur l’évolution globale. Malgré cette dégradation, le niveau d’investissement dans l’industrie s’est légèrement accru, sous l’impulsion des biens intermédiaires. Les perspectives des chefs d’entreprise pour le troisième trimestre étaient pessimistes en termes de niveau d’activité et de demande étrangère.

Les exportations rhônalpines sont restées bien orientées. Au premier trimestre, elles se sont accrues de 9,4 % sur un an, atteignant 12,2 milliards d’euros. Elles sont restées dynamiques au deuxième trimestre : + 8 % sur un an, contre une hausse de 3,9 % au niveau national. Les produits radioactifs, la chimie et l’industrie automobile ont de nouveau joué un rôle moteur (respectivement + 122,7 %, + 27 % et + 14,6 %). Rhône-Alpes a réalisé de bonnes performances vers plusieurs zones de « grande exportation » (Afrique hors Afrique du Nord, Proche et Moyen Orient, Asie, Amérique du sud). La région a fait mieux que la France sur ces marchés. Les exportations vers l’Union européenne à 27 se sont accrues de 7,9 %, avec des progressions vers la Pologne (+ 19,6 %), l’Allemagne (+ 14,0 %), et dans une moindre mesure, l’Italie (+ 3,3 %). Des reculs ont en revanche été observés vers l’Espagne (- 4,5 %) et le Portugal (- 14,0 %).

Si les échanges internationaux contribuent à soutenir l’activité régionale, la consommation des ménages montre des signes de faiblesse. Au deuxième trimestre, le chiffre d’affaires du commerce de proximité n’a ainsi progressé en valeur que de 1,6 % par rapport à 2007, alors que l’inflation (hors énergie) s’est inscrite à 2,3 % à fin juin. Ce dernier mois a été particulièrement mal orienté, avec notamment de forts reculs pour la bijouterie-horlogerie, l’ameublement, l’audiovisuel-électroménager et l’habillement. Seule la coiffure-parfumerie-parapharmacie a échappé au repli. Les immatriculations de voitures restent par contre orientées à la hausse. Selon les résultats du baromètre des CCI de Rhône-Alpes, le niveau d’activité dans les services s’est de nouveau dégradé au deuxième trimestre.

L’évolution du chiffre d’affaires a été particulièrement défavorable dans la restauration traditionnelle et les transactions immobilières. L’activité des services aux entreprises (notamment l’informatique et la publicité-communication) reste mieux orientée. Globalement, les défaillances d’entreprises dans les services sont en hausse au deuxième trimestre (+ 8,5 %).

L’activité du bâtiment et des travaux publics a également connu un ralentissement. La construction de logements et de locaux d’activité a reculé au deuxième trimestre, mais Rhône-Alpes fait partie des régions qui affichent la meilleure résistance en la matière avec des situations variées selon les territoires. Les ventes de logements collectifs ont affiché un recul sensible et le prix moyen au m² s’est replié. Les défaillances d’entreprises du BTP marquent une progression sensible (+ 19 %).

Les créations d’entreprises, en forte hausse depuis la mi-2006, tendent depuis quelques mois à se stabiliser à un haut niveau. Au deuxième trimestre, elles ont affiché un repli de 1,5 % par rapport au début d’année. Les services aux entreprises, l’industrie, la construction et le transport ont été mal orientés. En revanche, les créations d’entreprises du commerce, de l’immobilier et des services aux particuliers se sont accrues respectivement de 2,1 %, 2,0 % et 1,3 %.

Le taux de chômage s’est établi à 6,2 % en Rhône-Alpes au premier trimestre, contre 7,2 % en France. Les entreprises ont continué d’accroître leur niveau d’emploi au 1er et au 2e trimestre. Pour ce dernier, Rhône-Alpes était la seule région avec l’Ile-de-France à enregistrer une hausse trimestrielle du niveau d’emploi salarié dans le secteur marchand (+ 0,2 %), selon les premiers chiffres des Assedic. Malgré cette progression, le nombre de demandeurs d’emploi est reparti à la hausse depuis le mois de mars. Par ailleurs, juin a été marqué par un fort recul de l’emploi intérimaire (- 8 % sur un an), conforme à la moyenne française, ce qui n’est pas de bon augure pour le niveau d’activité et le développement de l’emploi.

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