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Résultats du Panel régional de conjoncture
« Suivi de la crise » - mars 2009
Afin de suivre de façon très réactive l’évolution de la situation économique, dans le cadre de la mobilisation pour maîtriser les effets de la crise, la CRCI et les CCI de Rhône-Alpes ont mis en place un panel régional de conjoncture qui sera activé chaque mois. Les résultats présentés sont issus du Panel régional de conjoncture «Suivi de la crise» CRCI/CCI de Rhône-Alpes, qui a été interrogé du 02 au 09 mars 2009*.
L’activité
Bilan du mois de février
Le bilan du mois de février marque une nouvelle dégradation par rapport à celui de janvier. 56 % des entreprises disent avoir enregistré une baisse de leur chiffre d’affaires (sur un an) (elles étaient 52 % en janvier).

Le transport a notamment subi une dégradation sensible (baisse pour trois entreprises sur quatre). C’est le cas aussi pour l’industrie (64 %, mais 58 % pour celles qui ne travaillent pas pour le marché automobile), le commerce de gros (baisse pour trois entreprises sur quatre).
A la différence de janvier, en février, une majorité des commerces de détail dit avoir enregistré une baisse de chiffre d’affaires. Dans le BTP, 52 % des entreprises ont enregistré une baisse contre 57 % le mois précédent.
Dans les services informatiques, c’est par contre la tendance à la hausse qui l’emporte (42 % contre 32 % en baisse).
Plusieurs entreprises font spontanément état, en commentaires libres, de fortes pressions à la baisse sur leurs prix.
Par ailleurs, certains témoignages font état de « baisses invraisemblables » de l’activité et considèrent que « le business est marqué par de fortes incohérences par rapport à une situation normale ». Certaines entreprises signalent un bas niveau des stocks chez les clients ce qui se traduit par des commandes en urgence. D’autres soulignent que les excès de médiatisation sur la crise conduisent à un attentisme qu’ils ressentent dans leur activité.
En termes de mobilisation des facteurs de production, le bilan début mars connaît peu d’évolution par rapport à février : 52 % des entreprises ne signalent pas de sous-utilisation de ces facteurs. Pour 31 % des entreprises, ces facteurs de production sont un peu sous-utilisés.

Il y a toujours une petite part d’entreprises (6 %) qui disent ne pas pouvoir faire face à toute la demande, malgré la mobilisation de toutes leurs ressources. Ces entreprises relèvent de différentes activités. C’est dans les services informatiques que cette situation est la plus fréquente (une entreprise sur quatre). Il y en a également dans l’industrie (9 % des entreprises industrielles qui ne travaillent pas pour le marché automobile).
Perspectives pour les trois mois à venir
Les perspectives pour les trois mois à venir restent défavorables et se dégradent encore un peu, avec toujours une majorité d’entreprises (56 %) qui s’attend à un recul du chiffre d’affaires sur un an.

La dégradation des perspectives à trois mois est enregistrée dans le transport et le commerce de gros. Dans l’informatique/tertiaire supérieur, qui apparaissent déjà comme les activités les mieux orientées, la tendance est à l’amélioration par rapport aux perspectives exprimées le mois dernier.

Perspectives pour l’année 2009
Les perspectives pour l’ensemble de l’année 2009 sont également défavorables et marquent une dégradation par rapport au mois précédent : 60 % des entreprises s’attendent à une baisse du chiffre d’affaires. La part des entreprises s’attendant à une hausse du chiffre d’affaires est par contre stable (13 %).
A noter que 17 % des entreprises ne se prononcent pas sur ces perspectives pour 2009, sans doute faute de visibilité.
Des difficultés de trésorerie en hausse
63 % des entreprises considèrent que leur situation de trésorerie est satisfaisante. La part des entreprises pour lesquelles elle est jugée difficile est en hausse : 32 % en mars contre 27 % le mois dernier. La situation de trésorerie est jugée très difficile pour 5 % des entreprises, comme le mois dernier.
Ce mois, c’est dans l’industrie (44 % des entreprises, dont 10 % en situation très difficile) et dans l’immobilier (48 %) que la part des entreprises rencontrant des difficultés est la plus importante.
La baisse récente de chiffre d’affaires reste la cause la plus fréquente des difficultés de trésorerie (67 % des entreprises). Mais plusieurs autres causes sont plus fréquemment citées que le mois dernier. Parmi elles, on note la montée parallèle de l’allongement des délais de règlement des clients (+ 4 points à 38 %) et de la réduction des délais de règlement des fournisseurs (+ 4 points à 27 %).

Dans l’informatique/tertiaire supérieur, l’allongement des délais de règlement par les clients est cité par 50 % des entreprises ayant des difficultés de trésorerie. Dans le BTP, c’est la cause la plus fréquente citée par les entreprises ayant des difficultés de trésorerie.
Pour l’ensemble des services aux entreprises, les problèmes liés à des impayés sont cités par 31 % des entreprises ayant des difficultés de trésorerie.
C’est dans le commerce de détail que la réduction des délais de règlement des fournisseurs est citée le plus fréquemment comme cause de difficultés de trésorerie (53 % des entreprises ayant des difficultés de trésorerie).
La réduction des délais de règlement des fournisseurs liée à un problème d’assurance-crédit n’est plus citée que par 8 % des entreprises.
Emploi : des perspectives défavorables
Début mars, la dégradation de la situation en termes d’activité continue à peser sur les perspectives en matière d’emploi.
Les 2/3 des entreprises annoncent la stabilité de leur effectif pour les trois mois à venir (elles étaient 75 % le mois dernier). Pour le 1/3 restant, la tendance est à la baisse pour 24 % et à la hausse pour 9 %. Dans l’industrie, le transport et le commerce de gros, au moins 30 % des entreprises s’attendent à une baisse de leur effectif. Pour le commerce de gros, la dégradation est nette par rapport au mois dernier.
Globalement, le solde entre la part « à la hausse » et la part « à la baisse » se dégrade à nouveau après une amélioration le mois précédent..

La tendance reste positive dans le tertiaire supérieur/services informatiques avec un solde positif et une augmentation de la part des entreprises ayant des projets d’embauche.
Dans l’industrie, on note la même proportion d’entreprises que pour la moyenne « toutes activités » qui compte embaucher (1 sur 5), indépendamment de l’évolution attendue des effectifs.
La dégradation de la situation de l’emploi est confirmée par un nombre plus important d’entreprises qui disent renoncer à des projets d’embauche prévus : 37 % contre 25 % le mois dernier.
Pour les entreprises dont l’effectif va baisser dans les trois mois qui viennent, pour près de 50 %, cela sera dû, au moins en partie, au non remplacement suite à départ. La traduction par le licenciement économique ou le chômage partiel ne sont par contre pas plus fréquemment citées que le mois dernier.

La tendance reste au recul pour le recours aux heures supplémentaires : 4 % des entreprises ont plus recours aux heures supplémentaires et 15 % y ont moins recours.
Investissement : une part toujours importante des entreprises maintient les projets pour les trois mois qui viennent
38 % des entreprises interrogées avaient des projets d’investissement pour les trois prochains mois, soit une proportion proche de celle du mois dernier. A 79 %, ces entreprises disent maintenir ces investissements (- 4 points).
Les causes de non maintien d’investissements sont essentiellement liées à la baisse de l’activité ou à celle des perspectives. Le refus de financement par les banques n’est plus cité que par 7 % des entreprises (8 % en février, 11 % en janvier).
Les relations avec les banques
La part des entreprises qui disent ressentir une dégradation des conditions de financement par les banques est quasiment inchangée par rapport au mois dernier : 18 % des entreprises.
Quand il y a dégradation, la hausse des garanties demandées reste de loin la première traduction de cette dégradation (53 % des entreprises). La limitation du crédit court terme vient en seconde position (39 % des entreprises).
On peut noter la progression de la suppression du crédit court terme (+ 5 points à 16 %).
Par contre, le renchérissement du coût du crédit n’est plus cité que par 14 % des entreprises considérant que leur relation avec les banques s’est dégradée (- 12 points).
* 368 TPE-PME représentatives de l’industrie, du BTP, du commerce et des services, interrogées par téléphone dans l’ensemble des circonscriptions des CCI de Rhône-Alpes (hors Haute-Savoie).
> Pour en savoir plus :
La première interrogation du panel, intervenue du 01er au 08 décembre 2008
La deuxième interrogation du panel, intervenue du 07 au 12 janvier 2009
La troisième interrogation du panel, intervenue du 02 au 09 février 2009
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