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Le 22 mars 2001

 

 

 

Archives des
Analyses et débats

La R&D dans les entreprises, point fort de Rhône-Alpes

Les dépenses de R&D progressent de nouveau fortement

En France, pendant la décennie 1980, les dépenses de R&D* privées et publiques étaient très élevées avec un taux de croissance supérieur à celui du PIB. A partir de 1991, leur progression n'a cessé d'être inférieure à celle du PIB (elle a même été négative en 1994 et 1997), pour remonter en 1998 et 1999 à des taux plus élevés et plus proches de celui de la croissance de la richesse nationale. Les dépenses de R&D des entreprises auraient progressé plus rapidement que le PIB en 1999 (+ 3,7 % contre + 2,9 %) et il en résulterait un maintien de l'effort global de R&D (soit 2,2 % du PIB). La progression des dépenses de R&D des entreprises se serait poursuivie en 2000 (+ 2,6 %).

Au cours de la décennie 1990, les dépenses privées de R&D ont encore accentué l'écart avec les dépenses publiques, leur progression étant plus forte.

En 1998, les dépenses de R&D en Rhône-Alpes se répartissent pour 1/3 dans le public** et 2/3 dans les entreprises, pour un montant global de 18,8 milliards de francs (2,87 milliards €).

En 1998
Rhône-Alpes
Part Rhône-Alpes
en France*
R&D
publique
Chercheurs (dont boursiers)
8 474
10,7 %
Autres personnels**
4 462
8,7 %
Ensemble des personnels
12 936
10,0 %
Dépenses de R&D
6 188 MF
9,8 %
R&D
privée
Chercheurs
8 487
11,7 %
Ensemble des personnels
19 039
11,3 %
Dépenses de R&D
12 595 MF
10,9 %
Source : Direction de la programmation et du développement, Ministère de l'éducation nationale
* Non compris La Défense, les associations sauf Curie et Pasteur, les Universités et grandes écoles sous tutelle du MENRT
** Ingénieurs, techniciens et administratifs

Les dépenses de R&D dans le public ont progressé dans une moindre mesure en Rhône-Alpes qu'au niveau national entre 1992 et 1998. La région a ainsi perdu en 1998 sa place de dauphin de l'Ile-de-France au profit de Midi-Pyrénées. Rhône-Alpes représente 9,8 % des dépenses publiques de R&D, avec une forte implantation de laboratoires du CNRS.

Répartition des dépenses publiques de R&D par type de structures
En 1998
EPST*
EPIC**
CNRS
Universités
Autres
Rhône-Alpes
7 %
29,9 %
24,8 %
32,8 %
5,5 %
France
12 %
32,1 %
19,1 %
29,6 %
7,2 %
Source : Direction de la programmation et du développement, Ministère de l'éducation nationale *Etablissement public scientifique et technologique
** Etablissement public industriel et commercial

La R&D privée se développe plus en Rhône-Alpes

Dans les entreprises rhônalpines, les dépenses de R&D ont progressé entre 1992 et 1998 de 29,1 %, contre 9,5 % au plan national. Rhône-Alpes est la région qui a le plus profité de la hausse des dépenses de R&D privée sur cette période. Sa part au niveau national est passée de 9,2 % en 1992 à 10,9 % en 1998 : + 1,7 point alors que les deux meilleures régions derrière Rhône-Alpes n'ont progressé que de 0,6 point (la troisième région derrière l'Ile de France et Rhône-Alpes est PACA avec 6,2 % des dépenses). Le nombre de chercheurs a lui aussi fortement progressé : + 31,5 % contre + 12,6 % au plan national. Avec 11,7 % des chercheurs travaillant dans les entreprises, Rhône-Alpes est la première région derrière l'Ile de France (PACA, qui est la région la plus pourvue derrière Rhône-Alpes représente seulement 6,3 % des chercheurs).


Source : Direction de la programmation et du développement, Ministère de l'éducation nationale

Au vu de ces résultats, on constate clairement que Rhône-Alpes est la région française hors Ile-de-France où la R&D globale est la plus présente, et que cette présence se concrétise plus précisément dans les entreprises que dans le public.

La montée en puissance de l'électronique au sein de la R&D privée rhônalpine

Les secteurs d'activité fortement innovants sont, à l'exception de la construction aéronautique, navale et ferroviaire, des secteurs très présents en Rhône-Alpes, et même des fleurons de la région.

En France, 1998
Dépenses
R&D / Valeur Ajoutée
Effectif R&D / Effectif total
Chimie, pharmacie, caoutchouc, plastiques
11,8 %
12,2 %
Equipements et composants électriques et électroniques
18,9 %
14,6 %
Industrie automobile
12,2 %
9,3 %
Construction aéronautique, navale et ferroviaire
29,4 %
16,6 %
Ensemble des secteurs
4,9 %
8,1 %
Source : Direction de la programmation et du développement, Ministère de l'éducation nationale




Source : Direction de la programmation et du développement, Ministère de l'éducation nationale

 

Les dépenses privées de R&D dans le secteur de l'électronique (informatique, matériaux et composants, instruments de mesures) ont réalisé une montée en puissance en Rhône-Alpes alors que dans certaines de ces branches, elles reculaient même au plan national. Les services d'ingénierie ont aussi fortement progressé, mais dans une moindre mesure en Rhône-Alpes qu'en France. En revanche, on note un recul des dépenses de R&D dans le secteur de la chimie rhônalpine, compensé par la forte hausse de la pharmacie (plus forte qu'au plan national de 7 points).

La conséquence de ces fortes progressions, en général plus fortes en Rhône-Alpes qu'en France, c'est que dans de nombreux secteurs, et pas des moindres, la part des dépenses privées de R&D rhônalpines dans le total national est en progression.

Variation des dépenses de R&D privées entre 1992 et 1998
Rhône-Alpes
France
Chimie
- 10,7 %
0,0 %
Pharmacie
+ 54,0 %
+ 47,0 %
Machines, équipements
0,0 %
- 12,0 %
Machines de bureau, informatique
+ 236,0 %
- 22,9 %
Constructions électriques
+ 33,5 %
+ 24,2 %
Matériaux et composants électroniques
+ 79,5 %
+ 42,7 %
Instruments de mesure, radio-détection
+ 29,0 %
- 33,6 %
Services d'ingénierie*
+ 65,4 %
+ 77,0 %
Ensemble des secteurs
+ 29,1 %
+ 9,5 %
Source : Direction de la programmation et du développement, Ministère de l'éducation nationale
* Variation entre 1993 et 1998

Si Rhône-Alpes représente près de 11 % des dépenses de R&D privées françaises en 1998, la région représente une part encore plus conséquente pour de nombreuses spécialités. C'est le cas pour les machines, équipements (22 % du total national), les constructions électriques (24 %), les services d'ingénierie (29 %) et les machines de bureau, informatique (31 %). C'est aussi le cas de la sidérurgie, fonderie (20 %), du textile, habillement (25 %) et des matériaux de construction, céramiques (31 %), mais avec des niveaux de dépenses plus faibles.


 

* La recherche et le développement expérimental (R&D) englobe les travaux de création (obtention de connaissances nouvelles, élaboration, mise au point de procédés nouveaux, amélioration de procédés ou produits déjà existants) entrepris de façon systématique en vue d'accroître la somme des connaissances pour de nouvelles applications.
** La recherche publique comprend les services de l'Etat (organismes publics de recherche, la Défense, certaines administrations territoriales…), l'enseignement supérieur (établissements de recherche des universités, les CHU, le CNRS…) et quelques institutions sans but lucratif.

 

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