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5. L'environnement économique / 5.3 La recherche et l'innovation

Rhône-Alpes : terre d'invention

Comme elle l’a été dans le passé, Rhône-Alpes est une terre d’invention. La contribution rhônalpine aux innovations nationales est particulièrement forte dans l’électronique (semi-conducteurs), les techniques nucléaires, la chimie, le travail des matériaux, l’ingénierie médicale...

Après l’Ile-de-France, Rhône-Alpes est la plus active des régions françaises en matière de propriété industrielle. En 2005, 1 408 demandes de brevets y ont été déposées[1]. En tenant compte du lieu de résidence de l’inventeur (1 893 demandes de brevets dont l'inventeur est un rhônalpin), on peut dire que Rhône-Alpes est à l’origine de 15 % des inventions françaises.

Les demandes de brevets
par régions de l’UE

Le fait que Rhône-Alpes puisse afficher à la fois une maîtrise des compétences scientifiques et techniques et un fort potentiel industriel constitue un réel atout pour l’innovation.

Au plan européen, elle figure parmi les quinze premières régions pour le nombre de demandes de brevets déposées auprès de l’OEB (10ème rang en 2004[2]). En termes de densité (nombre de brevets/habitant) elle figure parmi les trente premières régions européennes. La région s’inscrit ainsi dans la dorsale européenne des régions les plus actives en matière de R&D, qui s’étend de la Scandinavie au Sud des Alpes.

En termes de production de brevets, Rhône-Alpes est présente dans toutes les catégories de domaines, mais elle n’apparaît pour aucune de ces catégories parmi les toutes premières régions. C’est dans les domaines de «Consommation des ménages-BTP» et «Chimie-matériaux» qu’elle apparaît la plus spécialisée.

Par ailleurs, la part de Rhône-Alpes dans les demandes de brevets européens s’est assez nettement repliée entre 1999 et 2004. Le domaine «Chimie-matériaux» est le seul pour lequel la part de Rhône-Alpes a progressé.

Régions Part des demandes de brevets européens
dans l’UE25 en 2004 (%)
Evolution de la part
2001-2004 (%)
1.Ile-de-France 5,83 - 6
2.Région de Munich 5,16 + 5
3.Région de Stuttgart 4,76 + 8
4.Région d’Eindhoven (PB) 3,54 + 51
5.Région de Düsseldorf 2,64 - 17
6.Région de Cologne 2,63 + 3
7.Région de Darmstadt 2,63 - 23
8.Lombardie 2,50 - 3
9.Région de Karlsruhe 2,31 + 7
10.Rhône-Alpes 2,26 - 11
11.Danemark 1,83 + 5
12.Région d’Helsinki 1,76 + 4
(…)    
17.Région de Stockholm 1,44 - 25
Source : rapport OST 2006

En 2005, les groupes et entreprises qui ont déposé le plus de brevets en Rhône-Alpes ont été SEB SA, Salomon, Plastic Omnium, SOITEC, SOMFY, KOYO STEERING GROUP, Biomérieux et Staubli. On trouve ainsi dans cette liste, qui illustre la diversité sectorielle rhônalpine, à la fois de grands groupes et entreprises originaires de la région et des filiales de groupes transnationaux, ces derniers trouvant ainsi en Rhône-Alpes un environnement favorable à l’innovation.

Le Rhône et l’Isère sont les départements les plus inventeurs de Rhône-Alpes. On constate toutefois que la concentration des dépenses de R&D des entreprises dans ces deux départements (près de 80 %[3]) est plus importante que celle des demandes de brevet.

Les demandes de brevets publiées par la voie nationale
selon le département des inventeurs en 2005
  Nb de demandes de brevets Part en Rhône-Alpes
Ain 112 5,9 %
Ardèche 38 2,0 %
Drôme 96 5,1 %
Isère 624 33,0 %
Loire 129 6,8 %
Rhône 587 31,0 %
Savoie 76 4,0 %
Haute-Savoie 231 12,2 %
Rhône-Alpes 1 893 100,0 %
Source : INPI

L’innovation au sein du tissu économique résulte aussi de la création d’entreprises innovantes.

12,5 % des jeunes entreprises innovantes (JEI)[4] françaises sont rhônalpines. Elle sont localisées principalement dans l’Isère puis dans le Rhône, avec une forte proportion d’entreprises oeuvrant dans le domaine du logiciel.

Deux incubateurs d’entreprises technologiquement innovantes accompagnent les porteurs de projets en Rhône-Alpes :

  • CREALYS – Incubateur Rhône-Alpes Ouest (Rhône, Loire, Ain)
  • GRAIN – Grenoble Alpes Incubation (Isère, Savoie, Haute-Savoie, Ardèche et Drôme)

Ces deux structures jouent un rôle important dans l’incubation au plan national : les créations d’entreprises qu’elles ont suscitées représentent ainsi 16,5 % du total national (en termes d’effectif employé). Ils sont par ailleurs les deux premiers incubateurs au plan national en termes de projets accueillis.

L’incubation technologique en Rhône-Alpes (bilan 2000 à fin 2005)
  Nombre total de projets incubés Nombre total d’entreprises créées Part des créations d’entreprises en France Nombre d’entreprises en activité fin 2005 Effectifs globaux des entreprises en activité Effectif moyen par entreprise en activité
CREALYS 142 71 8 % 67 312 4,7
GRAIN 93 50 6 % 47 274 6,0
Total 235 121 14 % 114 586 5,3
Source : Ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche/Direction de la technologie, avril 2006

Voir aussi le sous-chapitre sur les entreprises technologiquement innovantes.

Dans l’agglomération lyonnaise, le Centre Européen d'Entreprise et d'Innovation Novacité (CEEI) a accompagné 260 créations d’entreprises, dont une part importante correspond à des projets issus de la recherche. La CCI de Lyon assure l’animation de ce dispositif en apportant notamment un appui technologique.

Grenoble Ecole de Management a créé le Centre pour l’Innovation Technologique et Entrepreneuriale qui vise l’amélioration des pratiques de l’innovation technologique entrepreneuriale, par et avec les acteurs du monde professionnel.


[1] INPI, demandes de brevets publiées par la voie nationale.

[2] Rapport OST 2006.

[3] Source MENESR, dépense intérieure de R&D des entreprises en 2001.

[4] Il s’agit d’entreprises créées depuis moins de 8 ans, employant moins de 250 salariés, dont le capital est détenu à plus de 50 % par des personnes physiques, qui génèrent un chiffre d’affaires inférieur à 40 M€ et qui dispose d’un budget R&D d’au moins 15 % des charges.

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