Observer, nourrir la réflexion, éclairer les décisions
Décrire et analyser l'économie régionale, pour nourrir la réflexion et inspirer les décisions, tels sont les objectifs qui guident les Chambres de Commerce et d'Industrie de Rhône-Alpes dans la réalisation de ce Panorama de l'économie Rhône-Alpes, lancé en 2000 et qui a fait l'objet en 2007 d'une refonte complète.
Ce Panorama traduit l'engagement de la CCIR et des 11 CCIT de Rhône-Alpes, qui pour mieux représenter les intérêts généraux des entreprises et proposer un environnement propice à leur réussite, ont fait de la collecte, de l'analyse et de la diffusion de l'information économique l'une de leurs priorités. Parallèlement aux actions qu'elles mènent sur le terrain pour "accélérer la compétitivité" des entreprises, elles éditent en effet de nombreuses publications régionales et locales utiles à la fois aux commerçants, prestataires de services, industriels et à tous les acteurs du développement économique de Rhône-Alpes. Les "Chiffres Clés de Rhône-Alpes" ; "Conjonctura", le trimestriel sur la conjoncture ; "Conjoncture commerce" le baromètre du commerce de détail ; les "Coup de projecteur" ; la base de données des 4 000 établissements de plus de 50 salariés en sont quelques exemples.
Je tiens également à remercier chaleureusement tous ceux qui ont permis la réalisation du Panorama, notamment les observatoires économiques des onze CCIT de Rhône-Alpes, de la Chambre régionale d'Agriculture et de la Chambre régionale de Métiers et de l'Artisanat, et les nombreuses autres sources d'informations locales, régionales, nationales et européennes.
Bonne navigation.
Jean-Paul MAUDUY
Président de la CCIR Rhône-Alpes
1. Synthèse générale
Rhône-Alpes, grande région d'Europe, région d'avenir

Rhône-Alpes figure parmi les toutes premières régions de l'Union européenne. Les Rhônalpins, 6 millions en 2006, devraient être encore plus nombreux en 2030 (6,6 millions), leur région apparaissant comme la 4e région française en termes de croissance démographique prévisible. Rhône-Alpes fait partie des régions à plus fort taux de natalité en Europe, tout en ayant un solde migratoire positif.
Confrontée comme les autres régions européennes au vieillissement de la population, Rhône-Alpes est l'une des régions en Europe dont la part des jeunes dans la population est élevée (37e rang sur 268 régions de l'UE27). Chaque année, plus de 230 000 étudiants sont formés en Rhône-Alpes.
Les Rhônalpins disposent en moyenne d'un revenu disponible supérieur de 6 % au revenu moyen des régions françaises hors Ile-de-France.
Rhône-Alpes constitue une économie régionale puissante. Avec un PIB dépassant 174 milliards d'euros en 2006, elle se place parmi les quinze régions européennes produisant le plus de richesses. Entre 1990 et 2005, son PIB a crû plus fortement que la moyenne française. Quant au PIB par habitant, il est supérieur de 12,8 % à la moyenne de l'Union européenne (UE27) (exprimé en standard de pouvoir d'achat).
© Photo : JF Marin
Rhône-Alpes joue un rôle clé au sein de l'espace européen, faisant le lien entre l'Europe du Nord-Est et l'Arc Méditerranéen. Territoire moteur au sein du Grand Sud-Est de la France, Rhône-Alpes développe notamment ses relations avec l'Italie du Nord, l'Est de l'Espagne et le Bade-Wurtemberg. Elle est bien positionnée pour être au coeur des réseaux ferroviaires à grande vitesse et autoroutiers européens et l'aéroport de Lyon-Saint Exupéry présente de nombreux atouts pour jouer le rôle de seconde porte aérienne de l'Hexagone et de porte d'entrée performante en Europe. Le développement des infrastructures de transport et de communication doit toutefois se poursuivre, pour préserver et améliorer encore l'accessibilité de la région, dans un contexte de déplacement vers l'Est du centre de gravité de l'Europe, suite à l'élargissement de l'Union européenne.
Le sentiment d'appartenance des Rhônalpins à leur région se renforce, le territoire régional étant d'abord perçu comme l'espace pertinent du développement économique. 84 % des Rhônalpins sont attachés à leur région, caractérisée selon eux par la prospérité économique, la beauté des paysages et la présence de la nature.
Les entreprises au coeur de la production de richesses
370 000 commerces, établissements industriels, de prestations de services, de l'artisanat et exploitations agricoles sont au coeur de la production de richesses régionales.
Terre d'origine de nombreux entrepreneurs et capitaines d'industrie renommés, Rhône-Alpes voit son tissu d'entreprises augmenter. Plus de 150 000 entreprises ont été créées de 2002 à 2006. Cette dynamique entrepreneuriale est importante pour assurer le renouvellement du tissu économique et celui de la capacité de décision de la région, puisqu'elle se traduit par l'émergence de nouvelles entreprises leaders.
La proximité d'importants marchés, la qualification de la ressource humaine, la qualité de vie, les conditions d'implantation des activités économiques, apparaissent comme des atouts forts de la région en termes d'attractivité d'entreprises et de centres de recherche. Rhône-Alpes a confirmé ces dernières années le rôle qu'elle joue dans l'attraction des capitaux étrangers en France. 13,3 % des salariés français des entreprises industrielles à capitaux étrangers sont localisés en Rhône-Alpes.
Le défi lié au vieillissement de la population se pose également au plan économique. Fin 2006, près de 43 000 entreprises de l'industrie, du commerce et des services étaient dirigées par un chef d'entreprise âgé de 55 ans ou plus. Même si toutes les entreprises ne peuvent pas faire l'objet d'une reprise, le volume d'entreprises potentiellement à transmettre est ainsi très conséquent.
Un portefeuille d'activités diversifié et équilibré
L'économie rhônalpine est forte d'un solide socle industriel. L'industrie produit 20 % de la valeur ajoutée régionale, soit cinq points de plus que l'ensemble du pays. Cette valeur ajoutée de l'industrie a plus progressé en Rhône-Alpes qu'en France entre 1995 et 2005. Diversifié, le portefeuille d'activités industrielles de Rhône-Alpes présente de nombreux points forts : mécanique, chimie, plasturgie, électronique, pharmacie, agroalimentaire, énergie...

Ce tissu industriel poursuit sa mutation, avec le développement de la filière électronique / numérique, de l'énergie, des nouveaux matériaux, des industries liées à la santé ou utilisatrices des biotechnologies, de l'environnement, de l'agroalimentaire. Les activités de la mécanique, de la plasturgie, du textile s'adaptent constamment pour assurer leur compétitivité sur des marchés clés tels que ceux de l'automobile ou de l'aéronautique.
Rhône-Alpes figure au 9e rang des régions européennes pour l'industrie de haute et moyenne-haute technologies. Elle représente une part croissante en France pour les activités industrielles technologiquement les plus innovantes. La dynamique de ses quinze pôles de compétitivité, dont deux pôles mondiaux, mais aussi le développement de ses clusters, confirment l'excellence industrielle rhônapine et se concrétisent par l'émergence de nouvelles activités, souvent issues du rapprochement de spécialités régionales.
Le tissu industriel régional reste marqué par la forte présence des PMI, avec notamment 3 200 entreprises comptant entre 20 et 250 salariés. Souvent sous-traitantes, les petites et moyennes entreprises sont au coeur de la réactivité de l'industrie. Elles sont un enjeu fort : l'affirmation de nouvelles sociétés leaders passe par un développement de ces entreprises fondé sur l'innovation et la valeur ajoutée.
Le rôle des services au sein de l'économie régionale s'est considérablement accru, avec un large mouvement d'externalisation de certaines fonctions par d'autres secteurs d'activité, l'apparition de savoir-faire et l'opportunité de répondre à de nouveaux besoins de la population. Les services représentaient en 2005 62 % de la valeur ajoutée et 57 % des emplois de la région. Entre 1990 et 2005, la part des services dans le tissu économique s'est accrue à la fois dans les zones d'emploi déjà fortement tertiarisées et dans des bassins d'activité industriels.
L'offre rhônalpine de services aux entreprises apparaît dense et variée, avec notamment des activités fortement représentées comme les services informatiques, l'ingénierie et les études techniques, le travail temporaire, le traitement des déchets. Leur part dans la création d'entreprises apparaît particulièrement élevée en Rhône-Alpes.
La région Rhône-Alpes s'est également affirmée comme l'un des grands pôles français du transport de marchandises et de la logistique, en valorisant sa position géographique stratégique en Europe, au carrefour de grands axes de communication et à proximité d'importants marchés. La densité du tissu économique a également favorisé ce développement. Les activités de commerce interentreprises sont bien présentes en Rhône-Alpes, représentant une part croissante de l'activité nationale.
Le développement des services rhônalpins est aussi largement lié à l'essor du tourisme, activité qui génère une consommation de 10 milliards d'euros dans la région. Rhône-Alpes est une région de pleine nature, avec un extraordinaire domaine skiable, mais aussi beaucoup d'autres centres d'intérêt facilement accessibles. Elle figure parmi les 10 premières régions de l'Union européenne pour la capacité d'accueil touristique. Le tourisme d'affaires est en croissance grâce aux nombreux salons et congrès qui se tiennent en Rhône-Alpes. Le tourisme urbain s'est également affirmé ces dernières années.
Le commerce est aussi un secteur d’activité de premier plan en Rhône-Alpes, à la fois par sa contribution à la valeur ajoutée régionale, au développement de l’emploi et par le rôle qu’il joue dans l’animation des territoires de la région. Le développement de la grande distribution s’est poursuivi ces dernières années, mais il s’est accompagné d’un renouveau du commerce de proximité en centre-ville.
Le bâtiment et les travaux publics ont pris toute leur part à la croissance régionale depuis 1998, en répondant à une forte demande en matière de construction de logements, de locaux d’activité et d’investissements publics, réalisés notamment par les collectivités territoriales en matière d’aménagement urbain, de transport collectif… Le secteur de la construction a fortement soutenu le développement de l’emploi et de la création d’entreprises ces dernières années.
Une région en pointe en matière de recherche et d'innovation
Photo : C-SERL - Argosmedia
L’innovation est au cœur de la dynamique rhônalpine. Rhône-Alpes est au 5e rang en Europe pour le potentiel technologique et scientifique ; elle compte d’importants centres de recherche publics ou privés, dépositaires de nombreux brevets. Neuf réseaux d’excellence européens de recherche sont coordonnés par un acteur rhônalpin parmi les 48 reconnus par la Commission européenne. Rhône-Alpes figure parmi les régions de l’Union européenne qui consacrent plus de 2% de leur PIB à la R&D (2,48 % en 2004). Les entreprises prennent une large part à cet effort de recherche et d’innovation : la croissance annuelle moyenne des dépenses de R&D privée entre 1992 et 2004 a été de 4,9 % en Rhône-Alpes contre 2,7 % en moyenne en France. La mobilisation des entreprises rhônalpines, aux côtés des centres de recherche, est aussi à l’origine de la dynamique régionale en matière de pôles de compétitivité.
Un tissu économique largement ouvert à l'international
La performance de l’économie régionale est aussi liée à sa forte ouverture internationale. Les entreprises rhônalpines sont plus exportatrices que la moyenne nationale, et Rhône-Alpes apparaît, dans le contexte national, comme une région de grande exportation, notamment fortement tournée vers l’Asie. Cette ouverture internationale se traduit aussi par 2 000 implantations à l’étranger. L’enseignement supérieur rhônalpin, et notamment les Grandes écoles de Management, préparent activement à cette internationalisation.
Des enjeux forts en matière d'emploi et de formation
Le taux d’emploi de Rhône-Alpes (65,7 % en 2005), en hausse depuis 2000, est supérieur à la moyenne nationale. Il demeure toutefois moins élevé que celui de plusieurs régions de l’Europe du Nord. Le volume d’emplois en Rhône-Alpes est en expansion. Depuis 2001, à l’exception de l’année 2003, les entreprises rhônalpines ont accru chaque année leur niveau d’emploi. Le taux de chômage régional s’est établi à 7,4 % fin 2006, soit plus d’un point de moins que la moyenne nationale. Les entreprises régionales sont confrontées à des difficultés de recrutement : en 2006, 48 % des projets de recrutement étaient ainsi jugés difficiles par les chefs d’entreprises.
Le développement de l’économie régionale nécessitera dans les prochaines années le recrutement de nombreux informaticiens, personnels d’études et de recherche, cadres administratifs, comptables et financiers, formateurs et recruteurs. Rhône-Alpes figure parmi les rares régions en France et en Europe dont la population active devrait encore croître d’ici 2020. Le développement escompté du niveau d’emplois dans les dix ans à venir, dans un contexte de progression ralentie de la population active, ne se traduira par une baisse du chômage que dans la mesure où l’adéquation entre offre et demande d’emplois sera assurée.
Pour cela, Rhône-Alpes dispose de nombreux atouts en matière de formation : 14 % des ingénieurs formés en France le sont en Rhône-Alpes, ses écoles de management rayonnent au plan mondial, 39 000 jeunes par an sont formés dans le cadre de l’apprentissage…
Forces et faiblesses de l'aménagement du territoire régional
La structure territoriale est une autre force de la région. L’aire urbaine de Lyon est la deuxième de France avec 1,6 million d’habitants et Rhône-Alpes compte une dizaine de grandes agglomérations (dont Grenoble et Saint-Etienne) ainsi qu’une vingtaine de villes moyennes. Plusieurs grandes villes rhônalpines ont connu une augmentation de la population de leur centre-ville au cours de la décennie quatre-vingt-dix. Cette armature urbaine assure un bon maillage de la population et des activités, qui se traduit par une expansion démographique de plusieurs bassins. Les plus grandes agglomérations de Rhône-Alpes concentrent toutefois une part croissante des activités les plus innovantes, du tertiaire supérieur et des centres de décision. Dans ce contexte territorial, le développement des infrastructures de transport apparaît déterminant pour assurer la fluidité des échanges et l’accessibilité des différents pôles.

Une part significative du territoire régional est constituée d’espaces naturels protégés. L’espace rural rhônalpin apparaît hétérogène. Certains territoires sont en déclin, d’autres sont menacés par la diffusion de l’urbanisation. Cependant de nombreux territoires ruraux s’avèrent dynamiques, forts d’une population en croissance et de leurs activités touristiques et agricoles, ces dernières jouant la carte de la diversité et de la qualité des productions. Les entreprises du commerce, des services et de l’industrie, ressortissantes des CCI, sont présentes dans 98 % des communes de Rhône-Alpes.
De nombreux bourgs structurent ce territoire rural et la Région Rhône-Alpes met en œuvre, depuis plus de dix ans, une politique de développement et d’aménagement du territoire fondée sur des territoires de projet qui réunissent les agglomérations et leur arrière-pays. L’intercommunalité s’est dans le même temps largement imposée.




