Les CCI réinventent les CCI
Clôture des Etats généraux des CCI le 9 décembre 2008
«Relever les défis économiques auxquels la France est confrontée c’est bien sûr un enjeu pour tous. Mais c’est très largement l’affaire des entreprises. Avec ces Etats généraux, nous essayons de nous projeter au moins à l’horizon 2020 pour savoir comment aider au mieux les entreprises, quel rôle les chambres de commerce peuvent-elles jouer et quels services proposer aux entreprises dans les 10 à 15 ans à venir» Jean-François BERNARDIN, Président de l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie.
Nous sommes enfin en train de transformer nos maisons par Jean-Paul MAUDUY, président de la CRCI Rhône-Alpes. Janvier 2009
>Le mot du Président MAUDUY
La journée de clôture des Etats généraux des CCI a permis aux 3 500 participants - chefs d’entreprises, personnalités, collaborateurs des CCI - de découvrir la synthèse des travaux menés lors des 11 Etats généraux régionaux.
La matinée a été rythmée par des propositions, échanges, questionnements, témoignages quant à la capacité des Chambres à évoluer et à s’adapter aux besoins et attentes multiples des entreprises dans une économie mondialisée actuellement en crise.
De nombreuses personnalités sont intervenues : Madame le Ministre Christine LAGARDE ; madame Laurence PARISOT, Présidente du MEDEF ; monsieur le Ministre Hervé NOVELLI ; monsieur Jean-François ROUBAUD, Président de la CGPME ; monsieur Alain ROUSSET, Président de l’Association des Régions de France ; monsieur François DROUIN, président d’OSEO.
Les débats consacrés à des thématiques directement liées à la performance et à la compétitivité des entreprises et des territoires ont concerné 6 thèmes. Tour à tour, 6 présidents de CCI ou CRCI ont abordé : Renforcer l’attractivité de nos territoires par Jean-François GENDRON ; Donner l’envie d’entreprendre par André MARCON; Promouvoir une formation ambitieuse par Christian HERAIL ; Stimuler l’innovation par Christian HUOT ; Redonner toute sa place à l’industrie par Jean-Paul MAUDUY ; Avoir l’esprit de conquête par Jacques PFISTER.
L’après-midi, un débat autour du thème «Les CCI de demain, au cœur d’une économie mondialisée» a permis d’approfondir les idées dégagées dans la matinée avec notamment Claude BEBEAR, grand témoin de l’après-midi, Alexandre ADLER et des chefs d’entreprise : Geoffroy ROUX DE BEZIEUX, Yseulys COSTES, Elizabeth DUCOTTET.
«Il faut se rendre à l’évidence : à l’ère de la mondialisation et du virtuel, un ancrage territorial fort est un atout décisif. C’est ce paradoxe qui rend plus moderne que jamais nos Chambres, ces collectivités territoriales des entreprises.»Jean-François BERNARDIN, Président de l’Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d’Industrie
Jean-François Bernardin, lors de ses interventions, a salué le travail effectué lors des Etats généraux et les solutions prospectives qui en découlent. Il a évoqué la crise financière soulignant qu’elle «aura eu sans doute une vertu : la redécouverte de l’économie réelle et puis du bon sens». Il a également abordé notamment devant Monsieur le 1er ministre l’exemplaire auto-réforme des CCI pointant qu’à la demande du Gouvernement celle-ci s’était véritablement accélérée lors des trois derniers mois. Des prises de positions fortes et à des débats vifs ont pris vie autour de différents scénarii qui ont au final ont débouché – à une large majorité 108 voix pour, 52 vois contre – sur une organisation du réseau consulaire plus moderne, plus efficace, plus économe. Ce dans le respect des valeurs fondamentales du réseau : la proximité, la représentativité et le service aux entreprises. >Télécharger la synthèse du projet de réforme votée le 25 novembre 2008
Il a ainsi déclaré «Notre nouvelle organisation consulaire doit concilier plusieurs impératifs : la
proximité du terrain, la gestion rationnelle des moyens et des prestations homogènes
aux plans régional et national.
Monsieur le Premier ministre, avec votre parcours, vous pouvez bien mesurer la
difficulté de notre tâche. On voit bien d’ailleurs que les grands chantiers de la
décentralisation se heurtent aux mêmes problèmes dans la recherche de cet équilibre.
Nous voulons combiner proximité territoriale et renforcement de l’échelon régional.
La proximité territoriale, c’est notre valeur ajoutée, notre maillon fort, notre
légitimité. L’échelon régional, lui, a été trop longtemps notre maillon faible. Dorénavant il doit s’imposer comme l’échelle de la rationalisation des moyens, des
solidarités entre les territoires et des politiques de développement.
Le tournant est pris. Nous devons encore travailler entre nous et avec vous,
Monsieur le Premier ministre, avec Christine Lagarde et Hervé Novelli, et avec vos
services, pour préciser et compléter ces orientations, pour définir un calendrier de
réforme et pour s’atteler à sa traduction législative et réglementaire.
Nous avons bien conscience qu’il faut faire vite, le plus vite possible. Mais il ne
faut pas confondre vitesse et précipitation. Un texte de loi qui sera destiné à
refonder les CCI pour quelques décennies nécessite un peu de temps pour être
façonné sérieusement….».
5 engagements ambitieux En conclusion Jean-François BERNARDIN a pris 5 engagements ambitieux devant François FILLON, Premier Ministre :
• diminuer la pression fiscale d’au moins 10% d’ici 5 ans,
• un même bouquet de services dans toutes les CCI,
• être – si vous l’acceptez – le futur guichet unique des entreprises prévu par la Directives Services, accueillir, dans les cinq ans, 500 000 porteurs de projets dans les CCI au lieu des 336 000 reçus actuellement,
• aider à doubler le nombre d’exportateurs réguliers pour passer de 50 000 à 100 000,
• continuer notre effort de formation notamment par alternance, avec un objectif ambitieux de former 600 000 apprentis.
«Il faut que dès 2009, votre réforme puisse produire des résultats tangibles pour ceux que vous servez.» Monsieur François FILLON, Premier Ministre
François FILLON, Premier Ministre, en conclusion des Etats généraux, ainsi que Christine LAGARDE, en clôture de la matinée, ont respectivement salué le travail accompli par les CCI et leurs élus et les ont incité à mettre en œuvre rapidement la nouvelle organisation du réseau.
« D’abord, je veux vous dire que l’Etat - et je vous l’ai souvent répété monsieur le président - reconnaît pleinement la place majeure qui, dès à présent, est la leur. Mais je suis convaincu que les CCI répondront d’autant mieux aux attentes des entreprises et des pouvoirs publics qu’elles seront modernisées, qu’elles seront encore plus réactives, qu’elles seront plus à l’écoute, qu’elles seront encore plus soucieuses du service rendu. »
Le Gouvernement vous a invité à proposer votre propre réforme. Vous avez engagé de façon extrêmement volontaire les réflexions. Vous vous êtes engagés dans une dynamique de changement, que je veux saluer Monsieur le Président ! Je ne peux que vous inviter à aller tous ensemble au bout de cette dynamique, à pousser la réforme aussi loin que possible. »
« …les vraies réformes ne prennent pas nécessairement beaucoup de temps dès lors qu’on s’accorde sur l’essentiel. Aujourd’hui, il faut accélérer parce que les regards et les attentes sont tournés vers vous. Et c’est la raison pour laquelle je vous invite à achever, dans les mois qui viennent, la réflexion que vous avez conduite. Je demande à Christine Lagarde et Hervé Novelli de préparer avec vous, dans un dialogue nourri et constructif, les textes émanant de votre réflexion, qui émanent de la réforme que vous-mêmes vous proposez et qui devront être votés au Parlement dans le courant de l’année 2009. »
«Sans industrie pas d’avenir» Jean-Paul MAUDUY, président de la CRCI Rhône-Alpes, un des 6 présidents appelé à faire la synthèse des Etats généraux, a souligné combien l’industrie était source d’innovation, de progrès, d’emploi, de développement de l’économie, des services, du commerce et de la société.Il intervenait fort de la réussite de la tenue à Lyon des Etats généraux consacrés à ce thème dans une région leader en la matière.
Un engagement sur5 axes d’actions pour dynamiser l’industrie :
• La création de centres de ressources experts ouverts à l’ensemble des partenaires prioritairement dans les domaines de la performance industrielle ; de l’intelligence économique, de l’innovation, de la stratégie d’entreprise, du développement commercial, de l’international, de la gestion des ressources humaines…
• Le perfectionnement des formations, le renforcement des liens entre l’enseignement supérieur et l’entreprise afin que les entreprises trouvent les compétences dont elles ont besoin.
• L’accentuation du lobbying avec l’ensemble des industriels et leurs représentants afin de promouvoir la véritable image de notre industrie et la rendre plus attractive.
• L’adaptation perpétuelle de notre réseau consulaire, un réseau toujours plus proche, plus expert, plus productif et donc plus économe.
• Des collaborateurs en capacité d’appréhender l’entreprise de façon globale.